‹ Poésies de François RougetChapitre 22 sur 82 · LES CRÈCHES · texte numérisé non relu

LES CRÈCHES

Vincent-de-Paul, âme inspirée Au foyer des saintes ardeurs, Viens!... que ta charité sacrée Retrouve un écho dans nos cœurs.

Comme autrefois l'amour nous prêche , Vois leurs petits bras suppliants!

Bon saint, conduis-nous à la crèche ,

C'est à la crèche Que Jésus attend les enfants.

Riches inoccupés des villes , Suivez vos élans généreux ; Élevez de pieux asiles Pour les petits des malheureux.

Quand du besoin la lourde flèche Décime les pauvres parents , Jésus les attend à la crèche ;

C'est à la crèche Qu'il attend les petits enfants.

Oh ! quand , en proie à la misère , Vous trouvez, débile, amaigri, Un enfant, que sa pauvre mère Approche de son sein tari , Écoutez la voix qui vous prêche ; Mettez à profit les instants , Jésus les attend à la crèche ;

C'est à la crèche Qu'il attend les petits enfants.

Vous qui possédez toutes choses , Vous dont les jours sont parfumés, Laissez un instant sur les roses Dormir vos enfants bien-aimés.

Attelez vos riches calèches, Portez à l'envi vos présents ; Car Jésus vous attend aux crèches ;

Oui , c'est aux crèches Qu'il attend les petits enfants.

Avons, surtout, pieuses femmes , Qui , de bienfaits semant vos pas , Ouvrez les trésors de vos âmes A tout ce qui souffre ici-bas ; Relevez votre sœur qui pêche.

Amour fait plus que châtiments • Prenez le chemin de la crèche ;

C'est à la crèche Que Jésus attend les enfants.

Août 1850.

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