‹ Poésies de François RougetChapitre 27 sur 82 · LA JEUNE ORGANISTE · texte numérisé non relu

LA JEUNE ORGANISTE

Voyez-la , chaste dans sa mise , La jeune fille aux longs cils noirs , Qui touche l'orgue de l'église , Aux doux parfums des encensoirs.

Ses doigts font scintiller les gammes , Et sa voix fait rêver les âmes , Gonrnie l'écho des vieux manoirs.

Quand sous sa main l'orgue résonne , Son âme a passé dans ses chants , Et le temple gémit ou tonne ,

A l'unisson de ses accents.

Par Dieu même , vierge inspirée ,

Elle jette à la nef sacrée ,

Les hymnes comme un flot d'encens.

Elle est toute belle et modeste ; C'est une simple fleur des bois , Un bijou de l'écrin céleste , Que Dieu laisse échapper parfois.

Est-elle déesse ou sylphide ?

Je ne sais ; mais son œil limpide Est fier et doux comme sa voix.

Bel ange à la forme indécise , Sa présence charme les yeux ; Ses vêtements ont de la brise Les frôlements mystérieux.

Les flots noirs de sa chevelure Ombragent sa douce figure De leurs reflets capricieux.

156 LIVRE m.

Artiste , que Dieu prédestine , ]

Sois notre orgueil et nos amours ;

Remplis ta mission divine : 1

Aime , prie et chante toujours.

De la terre et du ciel aimée ,

N'es-tu pas la fleur parfumée

Qu'on respire aux soirs des beaux jours?

27 mai 1857.

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