LES OISEAUX CONVERTIS
Air : Vous vieillirez, 6 ma belle maîtresse.
Petits oiseaux que j'ai pris au bocage, Je vous avais rendu la liberté , Vous revenez vous mettre en esclavage , La cage est prête, entrez de ce côté.
Là, sous mon toit vous aurez nourriture Et chaud abri pour passer les hivers ; Vous chanterez, c'est dans votre nature, Bien bas, bien bas , modulez vos concerts.
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Enfants des airs , vous franchissiez l'espace ; Vous n'aurez plus qu'un modeste horizon ; Mais si la nue ou si l'orage passe , H n'atteindra jamais votre prison.
Là, dans le calme et la philosophie, Vous vieillirez, éloignés des pervers.
La liberté, c'est la vieille utopie!
Bien bas, bien bas, modulez vos concerts.
Méfiez-vous , si quelque voix encore , Voulant troubler votre douce gaité , A vos barreaux jetait ce mot sonore.
Ce mot menteur : Peuple ou Fraternité.
Rappelez-vous qu'une imprudente course Vient d'aboutir à de poignants revers.
Puisque le fleuve a remonté sa source , Bien bas, bien bas, modulez vos concerts.
Sur votre sort , petits ! c'est moi qui veille ,
Si parmi vous j'en trouve d'évadés,
Si de vains bruits vous me rompez l'oreille ,
Vous n'aurez plus de grain ni d'échaùdés. De votre gré vous rentrez dans mes cages , Comptez sur moi , j'adoucirai vos fers.
Mais, ventrebleu! désormais soyez sages, Plus bas, plus bas, modidez vos concerts.
Eh bien! malgré ce paternel langage , ';
On dit qu'un jour, cessant tous joyeux chants ,
Plus d'un oiseau regretta, dans la cage.
L'azur du ciel, la liberté des champs !
Petits ingrats! ils maudissent peut-être
Qui les sauva d'un sinistre revers.
A leur nature il ne faut point de maître,
On n'entend plus leurs chants ni leurs concerts.