‹ Poésies de François RougetChapitre 32 sur 82 · LES DEUX ANGES · texte numérisé non relu

LES DEUX ANGES

Si nous avons un ange au ciel , Nous en avons un sur la terre ; L'un toujours grave , solennel , Mais l'autre beaucoup moins sévère.

Toi qui me guides de là-haut , Tiens bien sur moi ton œil d'archange ! Car je le sens , je vais bientôt Trouver ici-bas mon autre ange.

MU LIVRE m.

Je l'ai trouvé ; dans ses beaux yeux J'ai rallumé la douce flamme Que , par un zèle trop pieux , On avait éteinte en mon âme.

Quand , après un tendre entretien , D'un baiser nous faisons l'échange , Priez t ô mon ange gardien !

Je vous oublie avec l'autre ange.

L'ange qui fait nos jours si doux , Irait aux voûtes éternelles ; Mais pour qu'il restât parmi nous , Dieu lui dit : « Tu n'auras point d'ailes. » Charme les enfants que j'ai faits, » Par ton âme et tes traits d'archange. » De mes ouvrages imparfaits , " Douce femme , tu seras l'ange. »

Depuis ce décret solennel

Que tout redit , que tout proclame ,

Résulte un combat éternel

Entre le bon ange et la femme.

Et , rapide comme l'éclair, L'un défait ce que l'autre arrange.

Mais dussé-je y trouver l'enfer, Ah ! je reste avec mon autre ange !

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