AM\E
Si je méconnais l'origine
De tes accents mélodieux ,
Ils partent d'une voix divine ,
Et je les cherchais dans les cieux.
Ainsi bercé d'une chimère ,
Sur l'aile d'un songe emporté ,
L'homme s'élance hors de sa sphère,
Et cherche la félicité
Qu'il ne peut trouver sur la terre.
Au séjour de l'éternité.
Sons amoureux , charmez encore Mes sens et mon cœur tour à tour ; Sentiment pur comme un beau jour, Essence du Dieu qu'on adore , Remplissez mon âme d'amour !
Comme de la voûte irisée , De l'aurore les tendres pleurs , Le matin tombent en rosée.
Remplir le caUce des fleurs.
Ah ! passez , passez , douce flamme ,
POÉSIES Dn ERSES. 263
Passez de ces vers dans mon âme ; Dissipez mes longues erreurs.
Tu viens, ô sensible poète!
Tu viens sur mon âme inquiète Verser le baume du bonheur. Je doutais ! . . . Le voile se lève , Tu dessilles mes yeux , . . . achève ; Et si tu ne m'offres qu'un rêve , Ce rêve plaît tant à mon cœur !
Les vers échappés de ta lyre , Dans mon âme sont à jamais Comme en toi-même les attraits De ta belle et sensible Elvire.
Charmants comme un doux souvenir, Carressants comme le zéphir , Ah ! puissai-je à ma dernière heure.
Quittant la terrestre demeure , Les soupirer et m'endormir !
Vendôme, 1821.
A ALEXIS DUKAi^D,
POliTt F,T .MKM'r.SltH A KONTAIN BUt.KAl'.