‹ Poésies de François RougetChapitre 57 sur 82 · AM\E · texte numérisé non relu

AM\E

Si je méconnais l'origine

De tes accents mélodieux ,

Ils partent d'une voix divine ,

Et je les cherchais dans les cieux.

Ainsi bercé d'une chimère ,

Sur l'aile d'un songe emporté ,

L'homme s'élance hors de sa sphère,

Et cherche la félicité

Qu'il ne peut trouver sur la terre.

Au séjour de l'éternité.

Sons amoureux , charmez encore Mes sens et mon cœur tour à tour ; Sentiment pur comme un beau jour, Essence du Dieu qu'on adore , Remplissez mon âme d'amour !

Comme de la voûte irisée , De l'aurore les tendres pleurs , Le matin tombent en rosée.

Remplir le caUce des fleurs.

Ah ! passez , passez , douce flamme ,

POÉSIES Dn ERSES. 263

Passez de ces vers dans mon âme ; Dissipez mes longues erreurs.

Tu viens, ô sensible poète!

Tu viens sur mon âme inquiète Verser le baume du bonheur. Je doutais ! . . . Le voile se lève , Tu dessilles mes yeux , . . . achève ; Et si tu ne m'offres qu'un rêve , Ce rêve plaît tant à mon cœur !

Les vers échappés de ta lyre , Dans mon âme sont à jamais Comme en toi-même les attraits De ta belle et sensible Elvire.

Charmants comme un doux souvenir, Carressants comme le zéphir , Ah ! puissai-je à ma dernière heure.

Quittant la terrestre demeure , Les soupirer et m'endormir !

Vendôme, 1821.

A ALEXIS DUKAi^D,

POliTt F,T .MKM'r.SltH A KONTAIN BUt.KAl'.

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