‹ Poésies de François RougetChapitre 66 sur 82 · PASTICHE · texte numérisé non relu

PASTICHE

Oh! n'avez-vous jamais veillé sous la fenêtre

De l'objet adoré qui fait votre bonheur,

Et senti de plaisir frissonner tout votre être,

S'il vous vient de sa voix un accent enchanteur?

Si sa robe a frôlé , si sa marche légère

A dessiné dans l'ombre un rayon de lumière,

N'avez-vous pas senti se fondre votre cœur?

Oh! n'avez-vous jamais , le soir, dans un bois sombre , Rêvant , le cœur tout plein de vos pensers d'amour. Préféré le silence et la fraîcheur de l'ombre Au fracas de la ville , au soleil d'un beau jour? Resté toute la nuit, et, plus pensif encore, Attendu , pour rentrer, que la brillante aurore Ait aux portes du ciel annoncé son retour?

Oh! n'avez-vous jamais , sous un épais ombrage, Elle et vous, dérobés aux regards envieux , Exprimé de l'amour le mystique langage , L'étreinte de la main , la parole des yeux ? Puis , cédant l'un et l'autre à vos mutuelles flammes , Avez-vous joint vos cœurs et confondu vos âmes Dans des baisers d'amour sur vos lèvres de feux?

Si vous avez joui de ce bonheur céleste ,

Ne demandez plus rien au monde , à l'avenir,

Vos regards languissants , votre pâleur atteste

Que vous avez touché la coupe du plaisir.

N'en cherchez pas le fond , toute lie est amére.

De la félicité qu'ici -bas on espère ,

Vous avez votre part. Hâtez-vous de mourir!

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