‹ Poésies de François RougetChapitre 70 sur 82 · A ELLE · texte numérisé non relu

A ELLE

Ange adoré , qu'en mon cœur seul je nomme ! Fleur que n'a point flétri le souffle impur de l'homme , Vierge qu'abrite ici l'aile d'un séraphin , Laisse-moi contempler ta beauté souveraine , Et respirer la fraîche haleine Qui soulève ton sein.

Oh ! que tes yeux , pleins d'une douce flamme , Où comme un pur rayon se réfléchit ton âme , Se tournent vers les miens , de plaisir attendris ! Et que ce doux regard , qu'envierait le ciel même , M'apporte ce bonheur suprême Que l'on rêve les nuits!

Que me faut-il , enfant , pour que dans un long rêve , Sous l'empire absolu de tes charmes divins , Je m'enivre à longs traits du bonheur qui m'élève Au-dessus des humains ?

Il me faut, jeune fille, Ton souris gracieux , Et ton regard qui brille Gomme une étoile aux cieux.

Il me faut l'auréole De ton front radieux , De ta robe qui frôle Le bruit mystérieux.

n me faut de ta lyre Un son mélodieux , Et ta voix qui soupire Comme un écho des cieux.

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