‹ Poésies de François RougetChapitre 72 sur 82 · RÊVERIE · texte numérisé non relu

RÊVERIE

Que j'aime à m' égarer sur ces charmantes rives, Au milieu de ces fleurs , sur ce lit de gazon ! Je n'entends murmurer que les vagues plaintives , Et mon œil satisfait plonge dans l'horizon.

Alors j'appelle à moi la douce rêverie, Et je vole en pensée aux poétiques lieux , Où deux mortels chéris du dieu de l'harmonie ' Sont allés s'inspirer de fa splendeur des cieux.

I Laniiirtiiie et l^liàloyubiiaiiil

Oh ! que l'homme est petit , entouré de ces mondes Qui roulent dans l'espace en tourbillons épars ! Qui donc les a placés ? Sont-ce tes mains fécondes , Être immortel ? . . . ou bien serait-ce le hasard ?

Le hasard n'a point fait ces sublimes merveilles ; Son ouvrage imparfait se rencontre ici-bas ; Le chant de Tunivers qui frappe mes oreilles , M'annonce un créateur que je ne comprends pas.

Adorons un Dieu bon qui régit la nature.

Le concert des oiseaux est un hymne au Seigneur.

Le silence au désert , la forêt qui murmure ,

Le ruisseau qui s'enfuit , tout nous peint sa grandeur

Quel superbe mortel ' vient , d'une voix tonnante , Te peindre à mon esprit comme un Dieu de terreur, Et me fait du démon une image effrayante Et me marque déjà pour proie à sa fureur?

I Le missionnaire D —

Qui reconnaîtrait là ta bienfaisante image?

Celle qui pour toujours s'est peinte dans mon cœur

Celle qui vient charmer la retraite du sage.

Je crois au Dieu clément , et non au Dieu vengeur.

Fait à Lislette , après une lecture de Descartes. Vendôme, 18-23.

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