RÊVERIE
Que j'aime à m' égarer sur ces charmantes rives, Au milieu de ces fleurs , sur ce lit de gazon ! Je n'entends murmurer que les vagues plaintives , Et mon œil satisfait plonge dans l'horizon.
Alors j'appelle à moi la douce rêverie, Et je vole en pensée aux poétiques lieux , Où deux mortels chéris du dieu de l'harmonie ' Sont allés s'inspirer de fa splendeur des cieux.
I Laniiirtiiie et l^liàloyubiiaiiil
Oh ! que l'homme est petit , entouré de ces mondes Qui roulent dans l'espace en tourbillons épars ! Qui donc les a placés ? Sont-ce tes mains fécondes , Être immortel ? . . . ou bien serait-ce le hasard ?
Le hasard n'a point fait ces sublimes merveilles ; Son ouvrage imparfait se rencontre ici-bas ; Le chant de Tunivers qui frappe mes oreilles , M'annonce un créateur que je ne comprends pas.
Adorons un Dieu bon qui régit la nature.
Le concert des oiseaux est un hymne au Seigneur.
Le silence au désert , la forêt qui murmure ,
Le ruisseau qui s'enfuit , tout nous peint sa grandeur
Quel superbe mortel ' vient , d'une voix tonnante , Te peindre à mon esprit comme un Dieu de terreur, Et me fait du démon une image effrayante Et me marque déjà pour proie à sa fureur?
I Le missionnaire D —
Qui reconnaîtrait là ta bienfaisante image?
Celle qui pour toujours s'est peinte dans mon cœur
Celle qui vient charmer la retraite du sage.
Je crois au Dieu clément , et non au Dieu vengeur.
Fait à Lislette , après une lecture de Descartes. Vendôme, 18-23.