‹ Poésies de François RougetChapitre 8 sur 82 · DES ŒUVRES DE MAITRE ADAM · texte numérisé non relu

DES ŒUVRES DE MAITRE ADAM

Illustre Adam , de joyeuse mémoire , Bon menuisier et surtout bon vivant , Toi qui chantais dès le soleil levant, Réjouis-toi j l'on rajeunit ta gloire.

Tes descendants te font un monument , Non de granit , peut-être plus durable , (Tout monument est bâti sur le sable), Car, à l'abri des injures du temps , Ton livre ira , sans doute après mille ans , De ton pnys charmer les habitants.

Comme on est pauvre ici d'hommes illustres ,

C'est bien le moins qu'après plus de vingt lustres ,

Nous revoyions réimprimer tes vers ,

Tes vers naïfs qui coulent sans emphase ,

« Et tes couplets ou piquants ou joyeux.

Où nous trouvons la simplesse , la grâce

Du bon vieux temps et de nos bons aïeux.

Mais par respect pour l'aimable décence,

(Non qu'aujourd'hui les hommes soient meilleurs.

Ou qu'on soit plus rigoureux sur les mœurs),

Disons-le donc, pour sauver l'apparence,

On ôtera de ton hvre joyeux

Tout ce qui blesse et l'oreille et les yeux.

Ainsi purgé de ces lestes vétilles ,

Les bons papas , tant soient-ils rigoureux,

En permettront la lecture à leurs filles ,

Qui pour un mois laisseront les romans ,

Et te liront à leurs bonnes mamans.

Oui, maître Adam , les accords de ta lyre

Triompheront des ravages du temps.

Quel est celui qui ne voudra souscrire

A ton recueil , qu'un ami des beaux vers Va rajeunir pour l'honneur de Nevers?

Quel Nivernais , dans sa reconnaissance , A ce projet n'applaudit pas d'avance?

Souscrivez donc , messieurs , à ce recueil : Il charmera vos loisirs et vos veilles , Et vous direz, avec un noble orgueil , Que vous comptez au nombre des merveilles Cet artisan qui , parmi vos aïeux , Sut parler seul le langage des dieux.

Mais , faites plus : pour faire encor revivre , Votre poète ailleurs que dans son livre , Qu'une statue, ouvrage de Gatteau, S'élève, en bronze, auprès du vieux château. Bons Nivernais, ma voix vous le répète , Pour votre gloire et votre vieux poète , D'un monument sachez vous enrichir.

Que l'étranger qui vient dans votre ville , Ne fasse plus une course inutile , Qu'il en remporte au moins un souvenir.

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