BAISER I
Un îiffer ma barbelette De ta main mignardelette ; .Flatemoy soubz le menton ^
Flate^ flate mon oreille,
Et sus ta bouche vermeille
En chautz baisers combaton.
Descouvre moy ta poitrine, Ta blanche gorge yvoirine, Ce beau teton rondelet; Çà, que mon col j'entortille Parmy la tresse gentille De ce beau chef blondelet.
Baise moy, baise moy! laisse, Laisse^ petite maistresse !
no SONNETZ, ODES
Ha Dieu! vien me secourir :
Ferme ce bel œil, Mignarde ; Non, ouvre-le et me regarde.
Haye ! tu me fais mourir!
Fay quelque peu la rebelle^ Puis y lascive, en colombelle, Rebayse moi sans parler^ Et y soupirant sus ma face, Tout foiblettement m'embrasse Te laissant sus moy couler.
Durant telle mignardise, Si ma main fait entreprise De te taster les genoux.
N'use de forte defence ; Ains par foiblette puissance Résiste moy sans courroux.
Fay semblant, friandelette, Ne pouvoir ta parolette De tes poumons arracher, A celle fin que je puisse Ta glissante ferme cuisse De ma pronte main toucher.
Si plus avant je te presse, Ne me repousse f Maistresse^ D'une félonne rigueur ; ' Laisson ce despit courage A la trop cruelle rage Des tygres plains de fureur,
Passon ainsi en délices
Noz jeunelettes blandices ;
Uson de nostre plaisir :
Que sçavon^nous, ma Mignonney
Si la mort, qui tout moissonne,
Nous viendra demain saisir!
Quand la favorable nue De la nuit cache la vue De ce soleil envieux^ Et qu'entre tes braz j'essaye Nu à nu guérir la playe Que je reçoy de tes yeux ;
Et quand plus la nuit te presse Qui te fait languir, Maistresse, Dessoubz un demy sommeil.
Et que tendrement je baise,
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f arrose et suce la braise De ton coralin vermeil ;
Alors tout mon corps s*alonge^ Et un pront désir me plonge En mille pensers divers, Tost me panchant sus ta face, Tost sus ton corps que f embrasse y Tost me voltant à F envers;
Tost mignardant tout folâtre Ce flanc rebondi d^ albâtre, Cette cuisse^ ce beau sein.
Cette molle lévrelette.
Cet œily cette mamelette, Ce poil, ce front, cette main ;
Tost regardant ta minette Honteusement douce lette.
Ton soubzrire doux-tremblant, Ta coiffure à Favantage, Ta carrure^ ton corsage Qui me va le cueur emblant;
Tost fappellant ma Déesse^
ET MIGNARDISES. I li
Mes délices j ma liesse^ Mon tout, mon bien, mon désir ^ Mon paradis, ma fleurette, Mon bâme, mon amourette, Mon doux sucre, mon plaisir,
Ma jazarde, ma mignarde,
Trepillarde, fretillarde.
Mon âme, mon cueur, mon mieux,
Toute belle, colombelle.
Passerelle, tourterelle^
Ma perle, mon riz^ mes yeux,
Ma Nimphette, Driadette, Ma doucette, ma garcette.
Mon teton, mon nombrillet^ Ma mignonne^ ma belonne, Mon doux myrthe, ma couronne y Mon petit tendron douillet.
Tout ce qui donne courage En cet amoureux passage, Soyt de faict ou de parler, Par moy mignard ne s'oublie,
,1^ SQNNETZ, ODES
Quand la douceur qui nous lie Nous fait ainsi recoler,
N^eS tu donques bien heureuse^ En cette guerre amoureuse, D'avoyr si folâtre amy, Qui mesme ta nuit ne soufre Qu'un pesant sommeil l'çngoufre Aux doux cômbaz endormi?