‹ Poésies de Jean Palerne, forézienChapitre 10 sur 81 · A SA DICTE MAJESTE · texte numérisé non relu

A SA DICTE MAJESTE

Il n'y avoit rien qui peult faire retorner chez moy l'espérance que vous en aviez bannie qu'un seul bien de l'asseurance que j'ay receue par vostre lettre qui m'est arrivée à la mesme heure que j'estois réduict à la dernière extrémité de mon malheur. Croyez, Madame, que vous

m'aviez par trop désespéré pour me retrancher les occasions de vous faire aultant de service comme je vous en ay tousjours promis avec aultant de sincérité qu'il n'y a rien soubz le ciel qui ne le confesse et ne l'advoue. S'il n'est aussy difficile à croire ce qui est véritable que vous l'avez esté d'aultres foys en mon endroict. Mes actions vous feront toujours paroistre ce qui en est; et ma résolution me sera si immuable dedans l'âme que délie et seulle vous serez apelée à tesmoing de la passion qui m'accompagne envers ceste divinité dont j'attendz tout mon bonheur et ma fortune, et de laquelle je n'espère jamais m'esloigner, pour l'envie que j'ay de recevoir toute ma vie voz commandemens, ne désirant rien tant que de voir naistre quelque belle occasion où mon affection et fidélité vous puisse estre cogneue. Attandaiit laquelle, suplieray très humblement vostre majesté me permettre baiser les mains en toute humillité, et prier Dieu vous donner une fortune obéissante et du tout assubjectie à vos dessaings.

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