‹ Poésies de Jean Palerne, forézienChapitre 11 sur 81 · CONCEPTIONS OU LIEULX COMMUNS · texte numérisé non relu

CONCEPTIONS OU LIEULX COMMUNS

Parmi les nombreuses pensées, les unes en français, les autres en italien, réunies ici par J. Palerne, nous ne relevons que celles-ci :

Il ne fault pas boire toute l'eau de la mer, pour cognoistre si elle est sallée.

Donner sans demande est obliger au double.

Un plaisir tropt attendu — Est chèrement vendu.

La patience oultrée enfin devient fureur.

La Foy pour guide, Craincte pour compaigne, Patience pour repoz.

Un meschant festu, trayné amy la place, sert bien quelquefoys à un brave cavallier à se curer les dentz.

L'esguille sert où l'espée ne peult servir.

Les malheureux se consolent au récit de leurs peines.

La Lamie 1 , allant aux maisons des aultres, prenoit ses veulx; et, revenant à la sienne, les pendoit à la porte.

Quand, par droicte ligne, les yeulx envoyent leurs rayons es yeulx de la chose aymée, lorsqu'iceulx en font tout aultant, en ce doulx rencontre d'espritz, l'un prend les quallitez de l'aultre, comme Mon void un œil mallade, regardant dans un sein ententivement, y insinue sa malladie et infirmité.

Amour n'est aultre chose qu'un désir de joyr, avec parfaicte union de la chose aymée, comme se pourroit dire de celluy qui, aymant la bonne grâce, la vertu ou le sçavoir d'une personne, tascheroit de se fréquenter et pratiquer amoureusement, pour pouvoir joindre et incorporer ses louables parties à sa propre condition : ainsy que je puis dire aussy du singullier désir que je tiens d'unir vertueusement le pouvoir et les commandemens, que vous avez sur mov, au respect, servitude et à l'obéissance qui vous apartient.

i. Lamie, divinité de la fable. (Orig., folio 40.

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