‹ Poésies de Jean Palerne, forézienChapitre 15 sur 81 · SONNET A L'AMOUR · texte numérisé non relu

SONNET A L'AMOUR

Amour cruel et doux, donne-moy mort ou vie. Si tu résoulz ma mort, tiens, voicy mon poignart. Ta flèche est trop dore'e, et ton arc trop mignard, Pour finir, à ung coup, ma raige et mon envye.

Sans me faire languir, Amour, je te suplie, Enfonce moy ce coup, ou soullaige ton dard, Quant il vient allumer ce grand flambeau qui m'ard. Couraige; ne crains moy, ny ma doulce ennemye.

Et quoy ! La main te tremble, Amour. Aurois-tu peur D'ung qui t'offre son arme et qui te tend le cueur ' ? Ou si tu ne veulx pas d'ung vaincu la victoire,

Fais moy revoir les yeulx qui peuvent doulcement Allentir la chaleur de mon cruel tourment. J'y treuveray la vie; et toy, toute la gloire.

Qui, par deux foys, a évité nauffraige, Il n'y doibt plus retorner, s'il est saige.

i . Vers faux restauré.

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