HUITAIN A SA DAME
Aussi tost on verra la profondeur de l'onde, Sans le peuple escaillé; et le céleste corps Sans mouvements divers, sans différendz accordz Et, sans feuz estoillez, ceste machine ronde ;
Aussv tost on verra, sur la rive inféconde, Cuillir, à pleines mains, de Ce'rès les trésors, Que le Destin plus fier puisse, par ses effortz, M'empescher de louer ton nom par tout le monde.
DIXAIN A LA MÊME
Malgré tous les destins et malgré ta rigueur.
Jusqu'après le trespas te seray serviteur.
Je immolle mon cueur, victime en sacrifice ;
Et suis tellement tien que j'ayme mieulx mourir
En servant ta beaulté, que mil ans me nourrir.
Esloigné de tes yeulx, en royalle délice,
Le mallade languit; aussy faict l'amoureulx.
Rien qu'un poinct à tous deux au monde ne peult plaire :
L'un n'attand que la mort; l'autre vit langoureulx;
Et tous deux vont cherchant ce qui leur est contraire.