‹ Poésies de Jean Palerne, forézienChapitre 17 sur 81 · HUITAIN A SA DAME · texte numérisé non relu

HUITAIN A SA DAME

Aussi tost on verra la profondeur de l'onde, Sans le peuple escaillé; et le céleste corps Sans mouvements divers, sans différendz accordz Et, sans feuz estoillez, ceste machine ronde ;

Aussv tost on verra, sur la rive inféconde, Cuillir, à pleines mains, de Ce'rès les trésors, Que le Destin plus fier puisse, par ses effortz, M'empescher de louer ton nom par tout le monde.

DIXAIN A LA MÊME

Malgré tous les destins et malgré ta rigueur.

Jusqu'après le trespas te seray serviteur.

Je immolle mon cueur, victime en sacrifice ;

Et suis tellement tien que j'ayme mieulx mourir

En servant ta beaulté, que mil ans me nourrir.

Esloigné de tes yeulx, en royalle délice,

Le mallade languit; aussy faict l'amoureulx.

Rien qu'un poinct à tous deux au monde ne peult plaire :

L'un n'attand que la mort; l'autre vit langoureulx;

Et tous deux vont cherchant ce qui leur est contraire.

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