SONNET A LA MÊME
Amour, estant marry qu'il avoit ses sagettes Tiré contre ma mye et ne l'avoit blessée, Par despit, dans un boys, sa trousse avoit laissée, Tant que pleine elle fût d'un bel essaim d'avettes.
Jà, de leurs picquerons, ces captives mouchettes, Pour avoir liberté, la trousse avoient percée Et s'enfuyoient, allors qu'Amour l'a renversée Sur la face à ma mye et sur ses mammelettes.
Soubdain après qu'il eust son carquoys deschargé,
Tout riant sautela, pensant estre vengé
De celle à qui son arc n'avoit sceu faire oultraige.
Mais il rioit en vain; car ces filles du ciel, En lieu de la piquer, baisans son beau visaige, En amassoient les fleurs et en faisoient du miel.
Gentille, Je Ge me domine l'àme 1.
i. Dans le manuscrit, il y a : Gentille, Je Ge me domine l'âme* mais Je est barré comme nul. En effet, Je était bien ce qu'il fallait pour l'orthographe: mais Ge était était nécessaire pour que Pana-