‹ Poésies de Jean Palerne, forézienChapitre 25 sur 81 · SONNET D'AMOUR · texte numérisé non relu

SONNET D'AMOUR

Celle qui de mon mal ne prend point de soucy, Comme si de ses yeulx il n'avoit pris naissance. Se rit de mes douleurs, si tost que je commence A me plaindre, en pleurant, de son cueur endurcy.

J'ay beau m'humillier et luy crier merey

(Mercy de l'aymer trop, car c'est ma seulle offence),

Elle en est plus rebelle et se plaist, que je pense. Qu'un couraige si fier ne peult estre adoucy.

Ce n'est pas toutes foys ce qui plus me tourmente: Car sa rigueur m'est douce et mon mal me contente, Voyant mes beaulx vainqueurs, ses yeulx, que j'ayme

[tant.

Je me plains seullement de voir que la cruelle Ne croit pas que je l'ayme et m'apelle inconstant. Ou dit que mes ennuis viennent d'aultre que d'elle.

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