SONNET A SA DAME
Doulce moitié, je veulx un grand secret te dire. Obéissant aux lois de l'Archerot vainqueur, Ne me sois plus cruelle, allège ma doulleur ; Et me fais joyssant du bien que je désire.
Monstre-moy le chemin du but auquel j'aspire ; Oste-mov de l'ennuy qui nourrist ma doulleur. Je n'en puis plus, hélas ! si ta douce faveur, Attaincte de pitié, n'adoulcit mon martire.
Favorise, Maistresse, à- l'amour qui m'anime ; Ohlie tes rigueurs. Ne fais-tu point d'estime Voir mourir langoureulx un si fidel amant ?
Tu en serois blasmée, à jamais rigoureuse. Resjoyssons-nous donq en la vie amoureuse, Et faisons de mes vers le beau commencement.
SONNET