SUR LES MIGNONS DE LA COUR
Je me ris quand je voys tous ces jeunes guerriers Qui, marchant bravement, de façon effrontée, Se ventent, par discours et d'une voix fardée, Combattre un escadron de mile pistolliers.
Je me ris quand je voy ces rudes chevaliers, Tous ces beaux Adonis de la belle chambre'e, Se promettans l'honneur de conduire une armée, Ou bien un régiment ou des chevaulx-légiers.
Mais je riray bien plus, si l'on vient aux effectz, Quand je les verray tous, bien battus et desfaictz, Retournans au logis comme douces pucelles.
Allors je leur diray : « Mes Mignons de la court,
« Retournez à Paris : qu'on vous fasse l'amour,
« En frisant vos cheveux, comme des damoyzelles. »