TROIS SONNETS EN UN SEUL
Je veulx quicter Toutes amours Sans m'arrester Au commun cours
Pour jamais ma maistresse En tout temps serviray A elle je feray Librement mon addresse.
Le ciel m'a faict Serviteur d'une Pourjxmt subject De ma fortune
D'une aultre hardiesse Oncques je ne seray Et ne me lasseray Avant telle liesse.
Vive l'amant Qui loyaument Se passionne,
Qui sert tout en commung, Aymé sans bien aucun, Il n'est diene de vivre.
Etquiattand L'espoir qui ne finist
Ce qu'il prétend Luy desplaist et luy nuict
D'une personne On n'est jamais délivre.
Ce triple sonnet est suivi, dans le manuscrit de Jean Palerne, de cinq ou six lignes tellement barrées à la plume qu'on ne peut rien -en lire. Nous ignorons l'époque et le motif de cet effacement. Mais le motif peut s'en conjecturer des quatre petits vers qui suivent immédiatement et que nous croyons ne pas pouvoir reproduire.