SATYRE POLITIQUE
Sardini et Gondi1 tiennent en leur puissance La gabelle et l'impost et le tribut de France. Le fin d'Ajaceto, par sinistres moyens, Espuisans nos thrésors, s'enrichit de noz biens. Birague est faict le chef de toute la justice; Gonsague et les citez et le peuple pollice; Et dessoubz le replyz de mainctz grands estendartz, Strozzy et Dupe'ron conduisent les soldartz. Bref, tout est gouverné par la Jacquinerie Des marranes coyons, nourrissons d'Itallie. Donques, Françoys sans cœur, ou délibérez vous De servir au voulloir de ces bougres jalloux; Ou bien, vous bannissans vous mesmes désormais, Retirez-vous ailleurs où puissiez vivre en paix; Ou bien vous armez dor de fer et de puissance2 Contre les boureerrons et leur oultre-cuidance.
i. Albert de Gondi (maréchal de Retz), né à Florence en Ô22. Introduit à la Cour par sa mère, il fut placé près du jeune roi Charles IX, qui le créa premier gentilhomme de sa chambre et grand chambellan. 11 reçut en i5y^ le bâton de maréchal et suivit au siège de La Rochelle le duc d'Anjou (depuis Henri III), qui, monté sur le trône de France, le combla de faveurs. Il s'agissait de cacher son avidité sous l'apparence de la modération. — Scipion Sardini, banquier italien.
i. Ou bien or vous armez de fer et de puissance.