LE SEIN DES FEMMES
Je ne sçay par quelle malice
L'on dit aujourd'huy que c'est vice
De monstrer le sein rondellet,
Veu qu'au premier temps d'innocence
La femme n'eust onq cognoissance
Ny de robe, ny de collet. bis.
Elle cheminait toute nue
Dans les préz, sur l'herbe menue,
Parlant avec son amoureulx.
Blasmerons-nous les damoyzelles
Qui commencent, parles mamelles,
A ramener ce temps heureulx. bis.
Il fault cacher la main sauvaige Teincte de sang et de carnaige. Et couvrir la bouche qui ment:
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Mais une poictrine gentille Et le beau te'tin d'une fille Ne se doibt cacher nullement. bis.
Il faut captiver sans lumière
Au noir cachot d'une tasnière
Le serpent, le loup affamé;
Mais le beau sein qui se descouvre
N'a le venin de la coulleuvre
Pour estre pris et renfermé. bis.
Fol est l'usurier qui resserre
Ses facultez dessoubz la terre
Et tient son or ensepvelly;
Mais les pucelles libérales
Éventent deux pommes esgalles
A l'yvoire le mieulx polly. bi.s.
Tout aussy tost que nos déesses
Nous eurent monstre les richesses
De leur estomach précieulx,
Amour, aveugle de nature,
Ne voila plus à l'aventure
Et se desbanda les deux yeulx. bis.
Il rougist ceste double freze Comme charbons de sa fornaise.
Deux souffletz furent les tétons
Qui de chaudes vapeurs s'enflèrent
Et dedans noz âmes soufflèrent
Le feu mignard que nous sentons. bis