‹ Poésies de Jean Palerne, forézienChapitre 52 sur 81 · RESPONCE DE LA DAME · texte numérisé non relu

RESPONCE DE LA DAME

Si, par rigueur, un trop cruel tourment A exercé sur mov sa tirannie, Cela provient d'un soubdain changement D'un inconstant qui a sa foy mentie.

CHANSON

O déserts esquartez, Rempliz de froidz, d'orreur et de ténèbres, Où je respendz mes complainctes funèbres,

Que vous me contentez !

Las ! ce ne sont les pleurs, Ni les ardeurs de ma flamme ordinaire, Qui m'ont à coup faict devenir forsaire '

En la mer des malheurs.

Mes assiduz sanglots, Vraiz messagiers de mon cruel martire, Sont plus fréquentz que Thétis en son ire

Ne regorge de flots.

C'est un gauche destin, Qui m'a trame' tant de morts inhumaines, . Pour me plonger en un gouffre de peines, Sans attandre une fin.

Que le triste hibou, Sur les rochers d'un antre épouvantable2, Soit à jamais pre'saige véritable

D'un céleste courroux!

Que les antres obscurs Soient mon séjour et me soit compaignie De basillicz une troupe ennemie, Aux yeulx fataulx et durs !

i. Forçat.

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