Effroyable dans le manuscrit, ce qui rompt la nu
Ah ! je sens lentement Que, loing de moy, fuit la challeur vitalle. O ciel cruel, puisque mon âme exaile,
Finissez mon tourment.
Nimphes de ces désert/ !
Ne pleure/ plus ma mort tant désirée; J'ayme trop mieulx que ma tumbe honnorée
Soit de ees tristes vers :
Celuv qui git iey D'un cueur sugect à l'amoureuse flamme, Fut le Phœnix dont sa cruelle dame
A ses jours obscurcy.
M LTRE CHANSON (dialoguée)
Que ferez vous, dittes, madame, Perdant un si fidel amant?
Ce que peult taire un corps sansàme.
Sans cueur, sans poux, sans mouvement.
N'en aurez-vous pas souvenance
Après ce rigoureulx départ?
Au cueur ohlieux pour absence L'amour n'a jamais eu de part.
De tant d'ennuis qui vous font guerre, Lequel vous donne plus de peur?
La craincte qu'en changeant de terre, Il puisse aussy changer de cueur.
N'usez jamais de ce langaige :
A sa foy vous faictes grand tort.
C'est un évident tesmoignaige.
Pour monstrer que j'ayme bien fort.
Son amour, si ferme et si saincte, Doibt tenir vostre esprit contant ; Je ne puis que je n'aye craincte De perdre ce que j'ayme tant.
Auriez-vous beaulcoup de tristesse S'il venoit à changer de foy ?
Tout aultant que j'ay de liesse, Sachant bien qu'il n'ayme que moy.
Quel est le mal qui vous offence, Attandant ce département?
Tel que d'un qui eust en sentence Et attend la mort seulement.
Quoy, vous pensez donques à l'heure Qu'il s'en ira mourir d'ennuy ?
Il ne se peult, que je ne meure; Mon esprit s'en va quant et lu y.
Si tel accident vous arrive Vostre amour ne durera pas.
La vraye amour est tousjours vive Et ne meurt poinct par le trespas.