‹ Poésies de Jean Palerne, forézienChapitre 62 sur 81 · DÉSESPOIR D'AMOUR · texte numérisé non relu

DÉSESPOIR D'AMOUR

Sortez hors de mon cueur.

Flammes couvertes; Bruslez de vostre ardeur

Ces feuilles vertes.

Changez ceste verdeur,

Qui me transporte, En quelqu'aultre coulleur

De feuille morte.

Que me sert de cacher

L'amour extresme!

N'est-ce pas rechercher

La mort soy-mesme?

C'est bien mourir, mon cueur,

De n'oser dire La paine et la doulleur

Qui nous martyre.

Non, ce n'est poinct mourir

Mort désirable; C'est bien plustost languir

En mize'rable.

Le pauvre languissant Aymé mieulx suivre,

Se voyant en tourment, La mort que vivre.

Ce qui est violent Jamais ne dure;

Amy, moy si doullent, Fault que je meure.

PAR MONSIEUR DE LYON (dames et bergères)

Je n'aymeray doresnavant

Que les bergères; Car les dames, le plus souvent,

Sont trop légières.

L'amour qui se faict entre grandz Ce n'est que paine et que service; Ce n'est rien que perte de temps, Toute faincte et tout artiffice.

Je n'aymeray doresnavant, etc.

Noz pères l'Amour nous ont painct Tout nud, monstrant par leur paincture

Que l'amour ne veult rien de fainct Et qu'il est simple de nature.

Je n'aymeray doresnavant, etc.

Depuis qu'il est en court venu Où est l'affetterie exquise, Ce n'est plus l'antien Amour nud, Où l'on le farde et le desguise.

Je n'aymeray doresnavant, etc.

L'Amour nud se void par les champs, Entre les berger et bergère, Là où il retient en tout temps Ceste simplicité' première.

Je n'aymeray doresnavant, etc.

Si, de drap d'or ou de vellour.

L'on ne void vestir la bergière, Il ne m'en chault; car, en l'amour, L'habillement n'y sert de guière.

Je n'aymeray doresnavant, etc.

J'ayme mieulx l'habit de drapt blanc Et, par dessoubz, un sain d'ivoire, Que, soubz un drap d'or, voir un rlanc Qu'est mal poli, la cuisse noire.

Je n'aymeray doresnavant, etc.

Dames, si vous avez communs L'ambre, le musc et la civette, La bergière a, pour ses parfums, L'œillet, la rose et violette,

Je n'aymeray doresnavant, etc.

Dames, pour faire le teinct beau, Gardez vostre rouge d'Espaigne; La bergière, dans un ruisseau, Pour tout son fard se lave et baigne :

Je n'aymeray doresnavant, etc.

Les dames j'ay servy dix ans, Avec trop de perte et dommaige.

Fi de l'amour des courtisans!

Vive la fille de villaige !

Je n'aymeray doresnavant Que les bergières ; Car les dames, le plus souvent, Sont trop légières.

(Nous supprimons ici trois pièces, qui n'ont pas de titre dans le manuscrit où elles occupent près de six pages. )

i° Vostre maiy n'est qu'une beste, etc. 2° J'ayme bien les filles, etc.

3° II estoit un prebstre, etc.

- iyi — COURANTE DE LA COUR

Chanson dansante.

Charanconnet doibt bien entrer première en danse, Car elle entend fort bien le son de la cadence.

Liron, Liron, Liron, Lirette, Liron, Lonfa. I Nous supprimons les douze couplets suivants.)

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