‹ Poésies de Jean Palerne, forézienChapitre 75 sur 81 · CONGE RESPECTIF ENTRE AMANTS · texte numérisé non relu

CONGE RESPECTIF ENTRE AMANTS

Vostre humeur ne m'a poinct fasché Pour vous estre de moy distraicte :

Ma foy j'étois bien empesché A faire une honneste retraitte Mon service est ailleurs promis, Et quicte à quicte et bons amys.

Vous soulliez estre tout mon cueur; Et mov j'estois toute vostre âme ; Mais si changez de serviteur.

Ne puis-je pas changer de dame ?

Ce n'est pas ung crime commis ; Et quicte à quicte et bons amys.

Fi, fi de ceste loyaulté Qui tyranise nostre vie.

Il n'est que belle liberté D'aymer, où nous portons envye ; A quoy nous nous sommes remys; Et quicte à quicte et bons amys.

Bien nous nous reverrons un jour, Pour conter de nostre fortune.

Pendant, oblions nostre amour, De peur qu'elle soit importune.

Plus y pert qui plus y a mis; Et quicte à quicte et bons amys.

Quoy ! me pensiez vous escollier.

Ou bien quelque nouveau novice, De croire à ce sexe le'gier ?

A cela je ne suis propice.

Gardez ce que m'aviez promis :

Je le vous quicte, et bons amys.

Je voyois vos dessaings venir:

C'estoit que, d'un fardé langaige.

Vous me vouliez entretenir,

Cherchant ailleurs vostre advantaige.

C'est pourquoy tost je m'en desmis ; Et quicte à quicte et bons amys.

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