‹ Poésies de Jean Palerne, forézienChapitre 76 sur 81 · SUR L'ESTAT DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

SUR L'ESTAT DE LA FRANCE

(sonnet)

Voyant de nostre temps l'inconstante manière

Qui attand, d'heure à aultre, un changement nouveau,

L'on peult accomparer la France à un tableau

Où quatre grandz joueurs s'esbattent à première.

Le Roy, sur qui doibt choir la perte tout entière Dict : Passe, si je puis, bien que son jeu soit beau. Je l'envye, dict Bourbon, en quictant son chapeau, Sans voir ce qui luy vient à la carte derrière.

Je tiens, dict Espernon, y allast-il de plus, De Guise, soubz l'espoir de quelque petit rlus, L'enfonce de son reste et l'aultruy y hazarde ;

Mais le Roy catholicq, assistant tout debout, Y estant de moictyé couvertement regarde A luy fournir argent, pour enfin avoir tout.

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