SUR L'ESTAT DE LA FRANCE
(sonnet)
Voyant de nostre temps l'inconstante manière
Qui attand, d'heure à aultre, un changement nouveau,
L'on peult accomparer la France à un tableau
Où quatre grandz joueurs s'esbattent à première.
Le Roy, sur qui doibt choir la perte tout entière Dict : Passe, si je puis, bien que son jeu soit beau. Je l'envye, dict Bourbon, en quictant son chapeau, Sans voir ce qui luy vient à la carte derrière.
Je tiens, dict Espernon, y allast-il de plus, De Guise, soubz l'espoir de quelque petit rlus, L'enfonce de son reste et l'aultruy y hazarde ;
Mais le Roy catholicq, assistant tout debout, Y estant de moictyé couvertement regarde A luy fournir argent, pour enfin avoir tout.