SONNET DE LA SAINTE LIGUE
Le Roy n'a poinct d'enfans pour succe'der en France : Il fault un successeur Cathollicque Romain. D'impostz et de tributz le royaulme est tout plain ; Et le peuple opressé, irrité de vengence.
Deux, trois, quatre mignons ont toute la finance; Les Estats généraulx furent tenuz en vain ; Et ceste ligue saincte y veult mectre la main, Affin de redresser nostre foible espe'rance.
Le Roy n'a poinct d'enfans ; mais il en peult avoir.
Le Révolté ne doibt au royaume pourvoir.
Le Rov peult soulaiger son peuple sans contraincte.
Deux, trois, quatre mignons ne seront plus si grandz. Les Estatz résouldront de tous noz différendz ; C'est pour couper chemin à ceste ligue saincte.
ALLTRE SONNET POLITIQUE
La victoire est pour eulx,car le peuple chancelle; Les plus grands, irritez, feront un dur effort ; Tout est plein de fureur et d'horreur, et de mort ; Et, des François troublez, la guerre est immortelle.
Voillà les folz discours d'une foible cervelle, D'attacher aux mutins l'effect de nostre sort ; Et quiconque peu fin dict que nostre Roy dort, S'il est bon serviteur, doibt se monstrer ridelle.
Mais je n'ose parler durant le temps qui court ; Car je crains le desdaing des maistres de la Court ; Et foible je ne puis secourir ma province.
Mais de rendre vainqueurs les subjectz de leur Roy, Ou de le désirer, c'est n'avoir poinct de foy : Celuv n'avme poinct Dieu qui n'honore son prince,