I.XXVI
John Keats
damné, était jaloux de voir cette santé et cette jeune existence, qu'il voulait être seul à posséder, aller du côté de la vie, alors que lui se sentait aller du côté de la mort.
« Quelle horreur que la perspective possible de glisser en terre au lieu de glisser dans vos bras. »
5/7 revoyait Fanny un peu pâlie par une de ces soirées de danse qu'elle aimait, il lui disait : « Je ne saurais souffrir de voir ma petite fille chérie ternie comme une glace qu'un souffle a effleurée... » « Je suis excédé de ce monde auquel vous sourie-... »
Quel est celui qui avec des regards avides
s'asseoit devant mon festin :
Qui contemple de face ma lune d'argent! Ah! empêche pour le moins ta main de m'être
ravie!...
... Bien que la musique envoie Des visions voluptueuses dans Fair échauffé Bien que te mouvant à travers les dangereuses
guirlandes de la danse.
Sois comme un jour d'avril, Souriante, froide et gaie, Une blanche fleur calme, aussi calme que belle.
John Ki.wts
Alors, grands dieux, il y aura Un juin brûlant pour moi.
// était jaloux des moindres mots aimables qu'on adressait à lanny en sa présence. Sou ami Brown. dénué de tact, batifola un peu avec la jolie jeune fille sous les yeux de Keats. qui ne peut s'empêcher de dire plus tard arec dépit : « Brown sera auprès de vous avec ses inconi>enances. »
Son amour était enfoui dans son cœur comme un grand secret douloureux.
Il connaît le vide de la petite tète qu'il aime.
Il lui parle cependant des nobles plaisirs auxquels il saura l'initier. Mais il est fort douteux qu'il croie à cette réalisation.
Plus tard, quand il sent les griffes de la mort s'approcher, il laisse impétueusement sa plume exprimer les souffrances de son cœur :
« Les expériences passées, jointes a notre longue séparation, me fout souffrir des agonies que rien ne peut exprimer... J'aurai toujours ce ressentiment qu'on a joué avec mon cœur comme avec une balle. T rous dire; que c'est de la folie :J. . . Je vous ai entendue dire qu'il n'était pas désa-
Johx Keats
grêable d'attendre quelques aimées. Vous ave; des plaisirs. Votre esprit est distrait, vous n'ave; pas, comme moi, vécu d'une seule et unique pensée... et comment l'aurie;-vous fait?... Vous êtes l'objet de mou désir le plus intense: l'air que je respire dans une pièce où rous n'êtes pas est malsain. Je ne suis pas tout cela pour vous; non. vous pouve; attendre; rous are; cent motifs d'activité; vous pouvez être heureuse sans moi: une partie quelconque, la moindre chose qui occupe la journée rous suffit. A quoi ave;rous passé tout ce nwis?... A qui ave;-vous souri?... Tout ceci peut sembler sauvage de ma part! Vous ne sente; pas comme moi; rous ne save; pas ce que c'est qu'aimer; peut-être le saure;-vous un jour; votre heure n'est pas reuue. Demande;-i>ous combien d'heures douloureuses rous ave; récites dans la solitude dont Keats fut la cause? Pour moi. je n'ai cessé d'être un martyr; c'est la raison pour laquelle je parle: c'est la torture qui m'arrache l'aveu. J'en appelle à vous par le sang- du Christ auquel vous croyc; : ne m'écrive; pas si rous ave; durant ce mois fait la moindre chose qu'il m'eût été pénible de voir. Vous pouve; avoir changé: sinon, si rous