‹ Poésies de John KeatsChapitre 17 sur 21 · OO · texte numérisé non relu

OO

Poème

et qu'un luxuriant cytise les recouvre

et que de longues herbes poussent autour

des racines pour les garder humides, fraîches et vertes, et

abriter les violettes, pour qu'elles prennent les mousses dans le

réseau de leurs feuilles.

Voici la fleur des pois, se haussant pour la fuite avec des ailes doucement rougissantes sur une

délicate blancheur et des doigts effilés s'accrochant à toutes choses, pour les lier partout de minuscules anneaux.

Il sentait ainsi, le premier qui raconta comment

Psvché allait emportée par l'égal zéphir, vers des royaumes

d'enchantement; Ce que Psvché sentit ainsi que L'Amour, quand

leurs lèvres gonflées s'effleurèrent d'abord, et de quels amoureux et

tendres baisers ils se couvrirent les joues; quels soupirs!

POEMS

And how thev kist cach other's tremulous

eves :

The silver lump. — the ravishment, — the

wonder — The darkness. — loneliness. — the fearful

thunder; Thcir woes gone by, and both to heuven

upflown, To bow for gratitude before Jove's throne. So did he feel, who pull'd the boughs aside, That we might look into a forest wide, To catch a glimpse of Fauns, and Dryades Corning with softcst rustle through the trees; And garlands woven of flowers wild, and

sweet, l'pheld on ivorv wrists, or iporting feet : Telling us how fuir, trembling Svrinx fled Arcadian Pan. with such a fearful dread. Poor nymph. — poor Pan, — how he did weep

to find, Nought but a lovelv sighing of the wind Along the reedy stream : a half heard strain,

Poème

et comme ils embrassèrent leurs tremblantes

paupières:

la lampe d'argent — le transport — la surprise l'obscurité — la solitude — le tonnerre affreux, puis la fin de tout malheur et l'envolée aux

cieux où ils s'inclinèrent reconnaissants devant le

trône de Jupiter.

Il sentait ainsi, celui qui écartait les branches pour nous laisser sonder la foret immense, et entrevoir des Faunes, et des Dryades venant avec un doux bruissement parmi les

arbres, et des guirlandes tressées de fleurs sauvages

et délicates entourant les poignets d'ivoire ou les pieds

agiles.

Il disait aussi comment la belle et tremblante

Svrinx échappa au Pan arcadien, frémissante d'épouvante. Pauvre Nymphe — pauvre Pan — et comme

il pleura en trouvant seulement le délicieux soupir du vent dans les roseaux de la rivière, murmure à

peine entendu

POEMS

Full of sweet désolation — balmy pain.

What first inspir'd a bard of old to sing Narcissus pining o'er the untainted spring? In some delicious ramble, he had found A little space, with boughs ail woven round; And in the midst of ail, a clearer pool Than e'er reflected in its pleasant cool, The blue sky hère, and there, serenely peeping Through tendril wreaths fantastically

creeping.

And on the bank a lonelv flower he spied, A meek and forlorn flower, with naught of

pride, Drooping its beauty o'er the watery clearness, To woo its own sad image into nearness : Deaf to light Zephvrus it would not move; But still would seem to droop, to pine, to love. So while the poet stood in this sweet spot, Some fainter gleamings o'er his fancv shot; Nor was it long ère he had told the taie

Poème

de douce désespérance et de chagrin embaumé! Pourquoi le barde des premiers âges chanta-t-il Narcisse, languissant sur les bords de la

source pure?

C'est qu'il trouva dans quelque course délicieuse un petit espace entouré de l'enchevêtrement

des branches, Et au centre un plus clair étang que ceux qui reflètent jamais dans leur plaisante

fraîcheur le ciel bleu qui par intervalles se montre serein au travers de tendres guirlandes,

fantasques et grimpantes.

Et sur la rive il aperçut une fleur solitaire, une humble fleur si douce, abandonnée, et

sans orgueil penchant sa beauté sur la clarté de l'onde pour aimer de plus près sa triste image. Sourde au Zéphir léger, elle restait immobile, mais semblait encore pencher, languir, aimer. Si bien que le Poète incliné sur ce lieu

charmant sentait des lueurs traverser son esprit; et il ne tarda pas à conter l'histoire

— to —

Po BM6

Of voung Narcissus. and sad Echo's baie. Where had be been, from whose warm head

outrlew That sweetest of ail songs, that ever new. That aye refreshing, pure deliciousness.

Coming ever to bless

The wanderer by moonlight: to him bringing Shapes from the invisible world, unearthlv

singing From ont the middle air, from flowery nests. And from the pillowy silkiness that rests Full in the spéculation of the stars.

Ah! surely he had burst our mortal bars. Into some wond'rous région he had gone. To search for thee. divine Endvmion !

He was a Poet, sure a lover too.

Who stood on Latmus'top. what time there

blew Soft breezes from the myrtle vale below; And hrought in faintness solemn. sweet. and

slow A hymn from Dian's temple: while

upswelling, The incense went to her own starrv dwelling.

Poème

du jeune Narcisse et les infortunes de la

triste Echo.

D'où venait-il, celui dont l'esprit ardent créa la plus douce des chansons, — toujours neuve,

et rafraîchissante, pures délices qui inondent le cœur

du voyageur au clair de lune? lui apportant des formes du monde invisible, des chants

célestes jaillis de l'air, des nids fleuris, ou tombant de ces soyeux nuages qui

reposent sous le regard fixe des étoiles. Ah! il fit éclater nos barrières humaines! Dans quelque idéal séjour, il fut à ta

recherche, Endymion divin !

Il était poète — il était amant celui qui hantait les hauteurs du Latmos pendant que montait le doux souffle des myrtes, chargé des ondes affaiblies d'un hymne

solennel, doux et lent échappé du temple de Diane; pendant que le

tourbillon de l'encens montait jusqu'à sa demeure étoilée.

POEMS

But though her face was clear as infant's eyes, Though she stood smiling o'er the sacrifice, The Poet wept ai her so piteous fa te. Wept that such beautv should be desolate : So in fine wrath some golden sounds he won. And gave meek Cvnthia her Endymion.

Queen o\ the wide air: *hou most lovelv queen Of ail the brightness that mine eyes hâve

seen !

As thou exceedest ail things in thv shine, So everv taie, does this sweet taie of thine. O for three words of honey. that I might Tell but one wonder of thv bridai nicht!

Poème

Bien que son visage fût clair comme un regard

d'enfant, Quoiqu'elle sourît au sacrifice, Le Poète pleurait sur sa triste destinée, 11 pleurait sur sa beauté solitaire; Et sa tristesse se changea en chansons dorées, Et il donna Endymion à la douce Cynthie.

Reine de l'espace immense, ô, beauté souveraine

plus belle que tous les rayonnements que mes yeux ont vus,

de même que ton éclat surpasse toute lumière,

aucun conte ne peut atteindre à la douceur de ton histoire.

Oh! que ne puis-je transformer en miel mes paroles

Pour chanter une seule merveille de ta nuit

nuptiale.

"Woman When I Behold Thee"

Woman! when I behold thee flippant, vain.

Inconstant, childish. proud. and full of fancies:

Without that modest softening that enhances The downcast eve. repentant of the pain That its mild light créâtes to heal again :

E'en then. elate. my spirit leaps. and pran

E'en then mv soûl with exultation dances For that to love, so lonç. I've dormant lain : But when I see thee meek. and kind. and tender.

Heavens! how desperatelv do I adore Thy winning grâces: — to be thy dcfender

J hotlv burn — to be a Calidore —

"Woman When I Behold Thee"

O femme, quand je te contemple, pétulante, vaine,

légère, puérile, fière et pleine de caprices;

sans cette modeste douceur, qui rehausse le prix

des yeux aux paupières baissées, repentantes

des blessures qu'ils font exprès pour les guérir aussitôt;

alors, mon esprit exalté bondit impétueusement,

alors, mon âme exultante s'élance,

et je me réjouis d'avoir tant tardé à aimer.

Mais, quand je t'aperçois, bonne, compatissante et tendre,

ô Ciel! combien passionnément j'adore

ta grâce ensorcelante — je brûle d'être

ton chevalier servant — tel Calidore.

"Womàn Whkn i Behold Thi:i"

A verv Red Cross Knight — a stout Leander —

Might I be Lov'd by thee like thèse of yore. Light feet. dark violet eyes, and parted hair:

Soft dimpled hands. white neck. and creamv breast.

Are things on which the dazzled sensés rest Till the fond, hxed eyes. forget they stare. From such tine pictures, heavens ! I cannot dare

To turn my admiration, though unpossess'd

Thev be of what is worth v, — though not dres

In Lovely modesty, and virtues rare.

Yet thèse I leavc as thoughtless as a lark:

Thèse lures I straight forget, — e'en ère I dine,

Or thrice mv palate moisten : but when I mark

Such charms with mild intelligence shine, My car is open like a greedy shark.

To catch the tunings of a voice divine.

"Woman When i Behold Thee"

ou un chevalier de la Croix-Rouge, un fier

Léandre — Pourvu que je sois aimé comme ces preux

d'autrefois.

Pieds agiles, veux pareils aux sombres violettes,

ondovante chevelure; doigts fuselés, cou de neige, douces épaules, toutes choses qui captivent les sens éblouis et retiennent le regard affolé, oubliant même

qu:il regarde.

D'un tel spectacle, je ne puis, grands dieux! détourner monadmiration, si dépourvu qu'ilsoit de ce qui impose le respect, — et privé de la belle modestie, et de vertus précieuses. Cependant je me dégage de ces charmes, telle

l'alouette insoucieuse; j'oublie tous ces leurres — même avant d'avoir

goûté trois fois à cette coupe; mais, quand je

contemple de pareils charmes unis au doux ravons de

l'intelligence, mon oreille s'entr'ouvre avidement pour recueillir les modulations d'une voix

divine.

"WOMAN WHIN I BEHOLD ' 1 1 1 1 1

Ah! who can e'cr forget so fair a being Who can turget her half retiring sweels. God! she is like a milk-white lamb thuit bleats

For man's protection

•• Woman When i Behold Thee "

Ah! qui peut jamais oublier une créature si

belle !

Qui peut oublier ces charmes à demi cachés? Ciel! elle est blanche et pure comme l'agneau qui implore la protection humaine.

EXDYMION

Book I.

A thing of beauty îs a joy for evcr :

Its loveliness increases; it will never

Pass into nothingness; but still will kcep

A bowcr quiet for us, and a sleep

Full of swect dreams. and health and quiet.

breathing.

Therefore. on everv morrow. are we

wreathin^ A flowerv band to bind us to the earth. Spite of despondence, of the inhuman dearth Of noble natures, of the gloomy days, Of ail the unhealthy and o'er-darkened ways Made for our searching : yes. in spite of ail. Some shape of beauty moves away the pall From our dark spirits. Such the sun, the moon, Trees old, and young, sprouting a shady boon For simple sheep; and such are dafîodils

Endy

mion

Toute beauté est une joie éternelle :

son charme augmente: jamais

il ne s'évanouira: mais saura nous réserve

une retraite de paix, un sommeil

rempli de doux rêves, de santé et de quiétude.

C'est pourquoi chaque matin, nous tressons

un lien fleuri pour nous rattacher à la terre.

malgré les désespoirs, malgré l'inhumaine

disette de nobles natures, les jours obscurs et toutes les routes malsaines et assombries tracées pour notre peine. Oui. malgré tout, l'aspect de la beauté enlève le linceul qui étourle nos esprits assombris. Tels le

soleil, la lune.

les arbres vieux et jeunes, répandant leur

ombre bienfaisante pour les innocents agneaux: tels les narcisses

Endymion

With thegreen wurld ihey live in: und clear rills That for themselves a cooling covert makc 'Gainst thc hut season: the mid forest brake, Rich with a sprinkling of fuir musk-rose

blooms :

And such 100 is thc grandeur of thc dooms We bave imagined for thc mightv dead; Ail lovelv talcs that we hâve heard or read : An endlcss fountain of immoruil drink.

Pouring unto us from the heaven"s brink.

Nor do we merelv feel thèse csm'iuc- For une short hour: no. even as thc trec-> That whisper round a temple hecome soon Dcar as thc temple"s self, so does thc moon, The passion poesv. glories infinité.

Haunt us till thev bec<»mc a cheering light Unto our soûls, and bound t-« us so i

En dy m ion

et le monde verdoyant qu'ils habitent, et les

clairs ruisselets.

qui se font un frais couvert pour les abriter contre la saison chaude: les

halliefs au cœur des forets, riches de la floraison des délicates roses

moussues, telles également la splendeur des destinées que nous rêvons pour les héros morts; tous les beaux récits, contés ou lus; et c'est là une source inépuisable de breuvage

immortel, déversé en nos cœurs du penchant des cieux.

Et ce n'est pas seulement pendant une heure

brève que nous sentons ces influences; non, de

même que les arbres qui murmurent autour du temple nous

deviennent, bientôt, aussi chers que le temple lui-même, ainsi la lune cette passion, la poésie — gloires infinies — nous hantent, et deviennent la lumière

consolante de nos âmes, qu'elles lient d'un lien si fort,

That. whether there he shine. or gloom o'erc*

They alwav must be with us. or \ve die.

Therefore. "tis whh full happiness that I '. trace the story >f Endymion.

The verv music of the name has gone Into my being, and each pleasant scène h growing fresh before me as the green < )-. il owil rallies : so I will begin Now while I cannot hear the citv's din: N'-'.v while the early budders are just new. And run in m&zes of the youngest hue

dt old forests; while the willow trails Its délicate amber; and the dairy pails Bring home increase of milk. And. as the

vear Grows lush in juicv sujlks. I'il smoothlv

steer My little boa t. for many quiet hours,

•Y-HOX

que, quelles que soient La clarté ou les

ombres de notre vie, nous ne pouvons vivre si elles nous quittent.

>t pourquoi, je vais joyeusement retracer l'histoire dTEndymion. — La musique de ce nom a pénétré tout

et chaque scène plaisante verdoie dans mon âme comme la verdure dans nos vallées; aussi, je commence alors que )e nTentends point le tracas de la

-.■::< ::- - - -zzt'.r.i -1" > - n: :r.:;:t

nouveaux, et mettent en courant les guirlandes de leurs

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sont plus lourds à porter. Et à mesure que Tannée deviendra plus riche en juteu

:': ■ : r. i : r. ; t . j > : e ~ = r. : .--•:? mener ma petite barque, pendant des heures

I tDYMION

W'ith streams that deepen freshly into

bowers.

Manv and many a verse I hope tu write,

re the daisies, vermeil rimm'd and whiie. Hide in Jeep herbage; and ère vet the bées Hum ahuut globes vi clorer and sweet peas, I must be near the middle of my story. O may n<> wintry season. bare and hoarv, See it halffinish'd : but let Autumn bold, With universal tinge of sober g<>ld.

Be ail about me when I make an end.

>n the sides of Latmus was outspread A mightv forest; for the moisi earth U Su plenteuusly ail weed-hidden ru Into o'er-hanging boughs. and precious fruits

Exdymiox

au long des ruisseaux qui s'enfoncent plus

frais sous les ombrages.

Et, je souhaite avoir écrit bien des vers avant que les pâquerettes, cerclées de rouge et

de blanc, soient cachées par l'herbe profonde : et avant

que les abeilles bourdonnent autour des grappes de trèfle et

de la fleur des pois.

il faut que j'aie atteint le milieu de mon histoire. O puisse la saison d'hiver, nue et givrée, ne pas la voir inachevée; mais que la rutilante

automne répande l'universelle splendeur de ses ors

sombres • autour de moi quand je terminerai.

Sur les versants du Latmos s'étendait

une foret puissante, car la terre humide

transformait avec vigueur les racines cachées en branches retombantes, et en fruits précieux.

Endymion

Full in the middle oi this pleasantness There stood a marble altar. with a tress Of flowers budded newly; and the dew Had taken fairv phantasics two strew Daisies upon the sacred sward last eve, And so the dawned light in pomp receive. Fort *twas the morn : Apollo's upward fire Made every eastern cloud a silverv pyre Of brightness so unsullv'd, that therein A melancholy spirit well might win Oblivion, and melt out his essence fine Into the winds : rain-scented eglantine Gave temperate sweets to that well-wooing

sun; The lark was lost in him;*cold springs had

run To warm their chilliest bubbles in the grass; Man's voice was on the mountains; and the

mass Of naturels lives add wonders puls'd tenfold, To feel this sun-rise and its glories od.

Endymion

Au centre même de ces fraîcheurs plaisantes

s'érigeait un autel de marbre, ceint

de fleurs nouvellement écloses; et la rosée

par une fantaisie féerique s'était plu la veille

à broder de pâquerettes l'herbe sacrée,

pour recevoir en pompe la lumière de l'aube;

car c'était le matin : du haut du ciel les feux

d'Apollon en naissant transformaient en brûlant autel chaque nuage argenté de l'Orient et le rendaient si radieux et si pur, que Pâme mélancolique y aurait oublié sa peine toute sublimée dans le vent — la rosée embaumée par

l'églantine adoucissait les feux du soleil conquérant; l'alouette s'était fondue dans son rayonnement; des sources froides couraient chauffer leurs

bouillonnements glacés dans l'herbe, les montagnes résonnaient de voix humaines, et les pulsations de la nature et ses

merveilles étaient décuplées à sentir le soleil se lever, et ses gloires

anciennes. —

Chœur des Bergers

" O thou. whose mightv palace root" doth hanç From jagged trunks and overshadoweth,

Eternal whispers, glooms, the birth, life. death Of unseen flowers in heavy peacefulnes^: Who lov'st to see the hamadrvads dress Their rufBed locks where meeting hazels

darken; And through whole solemn hours dost sit. and

hearken The dreary melody of bedded reeds — In desolate places, where dank moisture

breeds The pipy hemlock to strange overgrowth ; Bethinking thee, how melancholy loth Thnu wast to lose fair Svrinx — do thou now.

Chœur des Bergers

O toi. dont le palais laisse retomber sa voûte puissante des troncs déchiquetés, et ombrage les éternels murmures, les clartés et les

ombres, la naissance, la vie. la mort des fleurs invisibles, dans une lourde paix ; qui te plais à voir les hamadrvades tressant leurs boucles froissées sous les sombres

bouquets de noisetiers, et pendant de longues heures solennelles

t'asseois pour écouter la mélodie monotone des joncs serrés — aux lieux funèbres où une moiteur glacée fait monter la froide ciguë à d'étranges

hauteurs ; en souvenir de ton ardente mélancolie quand tu vins à perdre la belle Syrinx. nous

te disons

Chœur i»i:s Bergers

Bv thv love's milky brow !

By ail the trembling mazes that she ran,

Hear us, great Pan !

' O thou, for whose soul-soothing quiet, turtles Passion their voices cooingly'mong myrtles, What time thou wanderest at eventide Through sunny meadows, that outskirt the

side Of thine enmossed realms : O thou, to whom Broad leaved fig trees even now foredoom Their ripen'd fruitage; yellow girted hees Their golden honeycombs; our village leas Their fairest blossom'd beans and poppied

corn; The chuckling linnet its rive young unborn, To sing for thee; low creeping strawberries Their summer coolness; pent up butterflies Their freckled wings; yea, the fresh budding

year

Chœur des Bergers

au nom du front blanc de ton amour,

au nom des dédales tremblants de sa fuite,

Ecoute-nous, grand Pan! —

O toi! dont Tàme doucement se calme

au roucoulement passionné des colombes sous

les myrtes, pendant que tu erres au couchant à travers les prairies ensoleillées, qui bornent tes rovaumes moussus; ô toi, à qui le figuier aux larges feuilles a prédestiné ses fruits mûrissants; les jaunes et fines

abeilles, leurs rayons de miel doré; les prés de nos

villages, la fleur la plus épanouie des fèves et les épis

mêlés de coquelicots ; la gazouillante linotte, ses cinq petits non

encore éclos qui chanteront pour toi; les fraisiers bas et

rampants, la fraîcheur de leurs fruits en Juin; l'essaim

des papillons, leurs ailes bigarrées, échappées de la gaîne des

chrysalides; — oui, la jeune année

Chœur des Bergers

Ail its complétions — bc quickly near.

By every wind that nods the mountain pinc.

O forester divine !

'"Thou, to whotn everv faun and satvr Aies For willing service; whether to surprise The squatted hare while in half sleeping rit: Or upvvard ragged précipices Ait To save poor lambkins from the eagle's

maw ; Or by mvsterious enticement draw Bewildered shepherds to thetr path again; Or to tread breathless round the frothv main. And gather up ail fancifullest shells For thee to tumble into Naiads' cells, And, being hidden, laugh at their

out-peepini^ ; Or to delight thee with fantastic leaping, The while thev pelt each other on the crown With silverv oak apples. and fir cônes hrown —

Chœur des Bergers

te donne la plénitude de ses bourgeons;

approche-toi.

au nom de chaque brise qui incline les pins

de la montagne, O forestier divin I

Toi, vers qui chaque faune et chaque satyre accourt, offrant son aide complaisante; soit

pour surprendre le lièvre tapi pendant qu'il sommeille à demi; ou courant près des précipices déchiquetés, pour ravir les pauvres agneaux à la griffe de

l'aigle ; ou. par une séduction mystérieuse, remettre les bergers égarés dans leur droit chemin ; ou, s'ébattant à perdre haleine près de la mer

écu mante.

pour réunir les plus étranges coquilles et les verser dans les cellules des naïades, afin que de ta cachette, tu puisses rire de

leurs coups d'oeil furtifs; Ou pour t'enchanter de bonds fantasques. pendant qu'ils se jettent à la tête des glands de chêne argentés, ou la brune

pomme des pins.

Chœur des Bergkiw

By ail the echoes that about thee ring, Hear us. O satvr king!

" O Hearkener to the loud clapping shears, While evcr and anon to his shorn peers A ram goes bleating : Winder of the horn. When snouted wild-boars routing tender corn Anger our huntsmen : Breather round our

farms, To keep off mildews, and ail weather harms : Strange ministrant of undescribed sounds, That corne a swooning over hollow grounds, And wither drearilv on barren moors :

Dread opener of the mvsterious doors Leading to universal knowledge — see, Great son of Drvope,

The many that are corne to pav their vows With leaves about their brows!

Chœur des Bergers

Au nom de tous les échos qui résonnent

éternellement autour de toi, Écoute-nous, ô roi Satyre. —

O! toi qui écoutes le claquement sec des

ciseaux, tandis que de temps à autre vers ses

compagnons tondus, en bêlant, s'en retourne un bélier : — Toi qui

sonnes du cor quand les sangliers au sauvage boutoir ruinent

les tendres épis, et mettent en rage le chasseur : Toi qui de ton

souffle protèges nos fermes pour en écarter les nielles et les maux qu'amènent les tempêtes; auteur étrange des bruits indéfinissables qui s'enflent et s'éteignent dans les vallons et se meurent tristement sur les landes arides : Gardien redoutable des portes mystérieuses qui ouvrent sur le savoir universel — regarde,

fils puissant de Drvope, la foule de ceux qui viennent te payer leurs

tributs, le front ceint de feuillages!

Chœur dks Bergers

" Be still the unimaginahle lodge For solitary thinkings; such as dodge Conception to the verv hourne of heaven. Then leave the naked brain : he still the

leaven, That spreading in this dull and clodded earth Gives it a touch ethereal — a new birth : Be still a svmbol of immensitv; A firmament reflected in a sea; An élément filling the space between.

An unknown — but no more : we humblvscreen With uplift hands our foreheads, lowlv

bending, And giving out a shout most heaven

rending, Conjure thee to receive our humble Paean, Upon thy Mount Lvcean !

Chœur des Bergers

« Sois encore la merveilleuse retraite

pour les pensées solitaires qui s'élancent

et poursuivent vainement, jusqu'à la voûte du

ciel, un rêve insaisissable, et laissent le cerveau vide : sois encore le levain qui fermente dans cette

terre morne et lourde, l'apparente aux cieux et lui donne une vie

nouvelle; sois encore un symbole d'immensité; un firmament réfléchi dans une mer; un élément qui. resté libre, remplit l'espace; un inconnu; — mais cessons; humblement

nous voilons notre front de nos mains tendues; et courbés, nous lançons jusqu'aux cieux un cri déchirant, nous te conjurons de recevoir notre humble

chant.

Sur ton Mont Lvcée! »

— rn —

CP

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