livre, sans quitter les lignes des yeux; il lisait
pendant les récréations, debout, adossé à un arbre; le matin, avant l'heure de l'étude: le soir, sous la lampe, les dix doigts enfouis dans les e lier eux, comme pour creuser dix canaux par où pénétrerait le savoir qu'il roulait absorber.
Le lecteur est mille fois plus important que les lectures, et l'adolescence livrée à elle-même trouve comme par miracle ce qu'il lui faut.
John Keats plongea son esprit dans le courant des histoires Imaginatives du monde. L'Ecosse et le Pérou lui apportèrent des fantaisies extrêmes. Mais les brumes gothiques et le parfum des iles tropicales, n'auraient pas donné une résistance suffisante où appuyer ses rêveries, si un livre entre tous n'eût illuminé définitivement son imagination poétique : Le Dictionnaire mythologique de Lamprière lui est révélé.
Il eut par les maigres dessins qui ornent ce livre l'intuition du monde des formes pures Son âme géniale en déduisit le sens parfait de la beauté.
L'esprit de John Keats a un merveilleux sens elliptique: des rapprochements d'idées uniques, et des images fraîches et intenses lui vivi-