A ROGER DE B
en lui envoyant la Bague d'Annibal
Poète de cape et d’épée,
A qui n’a jamais résisté Ni la Muse ni la Beauté,
Ni la Grâce désoccupée, Thaumaturge d’amour, qui peux d’une poupée Faire un démon de volupté !
Tu redemandes cette histoire Qu'aux temps si fous de mon passé,
J'écrivis, un soir, de mémoire.
Avec de l'encre rose et noire. Et la gaîté d'un cœur brisé.
Revois ce portrait d'une femme Dont le sourire était mortel.
Argile inaccessible aux chaleurs de la flamme,
Corps charmant, mais vide d'une âme...
C'est de la vengeance... au pastel.
Une vengeance! faible chose.
Qui ne rachète rien des maux qu’on a soufferts !
Elle s’énerve dans ma prose. . .
Mais comme un fort poison dans des parfums de rose, Elle enivrerait dans tes vers!
a J’ai reçu vos Brummells , et quelle joie de vous en remercier! La Bague cTAnnibal qui s’y trouvait jointe a eu son placement immédiat. Je l’ai envoyée à mon extravagant d’ami Roger de Beauvoir, l'auteur de la Cape et VÉpée et autres méfaits, et je lui ai barbouillé sur l'enveloppe les
versiculets suivants » (Paris, janvier i85i.)
u A propos d'ami, entendons-nous sur Roger de Beauvoir. Ce n’est certes pas un ami à votre manière ! C'est un de ces parteners agréables de souper et de monde, rencontré dans mon ancienne vie de Beau, alors que j’étais ce qu’on appelait le Roi des Ribauds. Nous avons toujours été trèsbien, mais de la consistance, je sais qu'il n'en a jamais eu. C’est de la mousse de vin de Champagne sur le pied d’un verre taillé à facettes, et qui brille de mille feux dans l'écume légère. Rien de plus. Politiquement, je ne sais pas ses méfaits à Caen et son encre rouge; mais en fait d'extravagances,