‹ Poésies de m. de MontreuilChapitre 14 sur 32 · PREFACE XIX · texte numérisé non relu

PREFACE XIX

Ménage1, Saint- Evremond2 et la plupart de ses quarante collègues; il correspondit avec le musicien Lambert, et partout il fut reçu sur sa belle mine et son esprit. Daniel de Cosnac, évêque de Valence, qui avait eu déjà un de ses frères pour secrétaire, résolut de se l'attacher pour le même emploi. Nous croyons que le poète était à ce moment assez mal dans ses finances. Son épître dédicatoire à M. Mole, conseiller du Roi, témoigne d'une gratitude de cœur, mais aussi de bourse, car il dit : « Quoyque j'eusse déjà le nécessaire, la vie ne m'estoit pas trop agréable; on n'est heureux que du superflu. Grâce à vostre générosité, Monsieur, sans le secours de la philosophie, je puis vivre content. » N'est-ce pas significatif? Montreuil avait dissipé la plus grande partie de sa fortune dans les ^oyages et les plaisirs. Il suivit Msr de Cosnac

i. Ce fut Montreuil qui déroba à Ménage, ou plutôt à un nommé Girault, à qui Ménage l'avait confiée, la Requête des Dictionnaires, en copie manuscrite. C'est à lui, dans un sens, que nous en devons l'impression. V. Ménage, Ant. Baillet, etAsselineau , Recueil des factums de Furetière, t. II, p. 3 3 3.

2. Saint-Évremond ayant fait présent à Montreuil de ses Œuvres mêlées, où il se trouve une pièce intitulée : Idée de la femme qui ne se trouve point, celui-ci l'adressa à une demoiselle avec ces vers, qui n'ont pas été imprimés :

La femme parfaite en tout point Est celle qui ne se trouve point :

Saint-Evremond le dit.

Que vous a fait ce grand esprit Pour luy donner un démenti?

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