‹ Poésies de m. de MontreuilChapitre 4 sur 32 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

sants; ses airs, ses façons, ses pensées et ses pointes ont une allure si tendre et si personnelle ; il sait si bien mitonner les plaisirs dans ses moindres badinages, et si éloquemment luxurioser sa flamme, qu'on ne saurait lui opposer un rival dans cet art inné du madrigal, dont nous nous plaisons à le désigner comme maître.

Les Montreuil sont assez nombreux au XVIIe siècle : l'abbé d'Artigny, dans ses Nouveaux Mémoires ', se plaît à leur consacrer un petit chapitre diffus, duquel, grâce à d'autres documents, nous croyons pouvoir tirer cette courte généalogie :

Jean de Montreuil, avocat en Parlement, fils de Germain de Montreuil, publia en 1606 une pièce poétique de près de trois cents vers : Le Tombeau de Messire Philippe Desportes, abbé de Thiron, qui figure dans toutes les éditions posthumes du poète de Diane. On a de lui également un Playdoyé pour l'archevêque et le chapitre de Rouen dans la cause de la Fierté de Saint-Romain en 1607, et une Oraison funèbre de M. le cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen, in-40, i6i6J.

i. Nouveaux Mémoires d'histoire critique et de littérature. Paris, 1752, in-12, t. V, p. 228.

2. Le Père Lelong, qui fait mention de ces ouvrages, les attribue à l'académicien, ce qui est une erreur évidente. Ce Montreuil, avocat en Parlement, est celui-là même, pensons-nous, qui signa certains vers latins : Johannes Montereullus in Senatu, Paris. Patronus, dans le Scsevolx Sammartliani Tumulus, et qui

Ce Jean de Montreuil laissait deux 'fils. L'aîné, S. de Montreuil, docteur et professeur en Sorbonne, fut gouverneur du prince de Joinville, petit-neveu du cardinal de Joyeuse, et l'un des approbateurs de la Somme théologique du Père Garasse ' ; le second, Bernardin de Montreuil , avocat en Parlement, donna en 1618, in-8°, une traduction de l'Histoire grecque de Nicéphore, patriarche de Constantinople, et une Vie de Jésus-Christ, publiée en 1637, dont le Père Brignon a retouché le style.

Bernardin, qui mourut, croyons-nous, en 1646, eut quatre fils et une fille, par la suite Ursuline. De ces quatre fils, l'aîné et le puîné ont seuls acquis une assez grande notoriété pour que nous nous en occupions. L'un fut Jean de Montreuil, tour à tour secrétaire de M. de Bellièvre, du marquis de Fontenay-Mareuil et du prince de Conti; résident en Ecosse vers 1645, et académicien en 16492; l'autre est notre poëte, Mathieu de Montreuil , dont nous allons parler.

donna en 1624 : J. Montereulli Elegia in obitum Nicolai Brullarii Francise Cancellarii. V. Bibl. Baluz..., p. 405.

1. Un autre de Montreuil (qui écrivait son nom Momtroeil), médecin de Bourges et professeur au Collège royal, à Paris, mort en 1647, possède un article dans le Mémoire historique et littéraire du Collège de France, par Goujet. Son oraison funèbre a été faite en latin par Ch. le Breton. Paris, 1647, in-8° de 3 2 pages. Nous ne saurions désigner la parenté de cet homonyme.

2. La biographie de Jean de Montreuil se trouve dans l'Histoire de l'Académie, par Pélisson. C'est à tort que Baillet lu

Page 1