PREFACE IX
à la tendresse, dit l'abbé Goujet1, étant d'ailleurs d'une physionomie revenante et d'une figure aimable, il plut aux dames; il en fut recherché et ne pensa qu'à les amuser et à se réjouir. Ses lettres peuvent passer pour un journal amoureux, et ses vers, surtout ses madrigaux, éloignés de la versification guindée de tant d'autres poésies de ce genre, sont clairs, faciles, naturels, et renferment ordinairement un joli sens. »
Montreuil est quelquefois peu correct en son style; il est souvent négligé et d'une assez grande hardiesse d'expressions; il dira que « son âme est dédupée des charmes amoureux »; mais en dépit de ces défauts, il sait rester toujours folâtre, aimable et plaisant. On a essayé d'insinuer qu'il imitait Voiture dans ses lettres : il n'en est rien. Nodier, à ce sujet, s'écrie quelque part : « Montreuil a souvent l'élégance de Voiture, mais avec beaucoup moins d'affectations et de manières; la nuance qui les sépare est délicate, mais elle est sensible et vraie : Montreuil, c'est Voiture naïf; il paraît trouver tout naturellement ce que l'autre prend peine à chercher. On croirait que Voiture court après l'esprit et l'esprit après Montreuil. »
Dans la relation du voyage qu'il fit sur les frontières d'Espagne2 à la suite de Louis XIV, lorsque celui-ci,
j. Bibliothèque française , t. XVIII, p. 33 1. 2. Cette Relation du voyage de la cour de France vers les frontières d'Espagne, en l'année 1660, a paru daas un recueil de