X PREFACE
accompagné de Mazarin, alla épouser Marie-Thérèse, il nous donne les plus piquants détails sur une foule de villes, sur les mœurs des pays qu'il parcourt, sur les saillies du Roi et sur les dames espagnoles. Il passe à Avignon, à Nîmes, et parle savamment des antiquités qu'il y rencontre; à Pezénas, il s'attendrit sur le tombeau de François Sarasin; à Narbonne, il s'arrête et admire la fameuse Résurrection de Lazare, par Sébastien del Piombo. Le journal de ce voyage est le plus curieux document à consulter sur les noces de Louis XIV.
Montreuil ne fut pas poëte de profession, ce qui n'est pas un mince mérite; la gloire et les honneurs du Parnasse ne le tentaient que médiocrement. Assez sage pour ne trouver le bonheur qu'au fond de son cœur, il ne l'a jamais cherché dans l'opinion de ses contemporains, et il sut renoncera sa réputation pour son plaisir.
« Ma très-chère sœur en Nostre Seigneur et autrement, écrit-il à sa sœur l'Ursuline, je vous dirois, si je voulois, que, comme vous estes morte au siècle, je le suis aussi au cloistre, et qu'il m'est permis, aussi bien qu'à vous, de demeurer dans le silence envers les gens d'un autre monde; mais ce n'est pas là l'excuse que j'aie
quelques pièces nouvelles et galantes, tant en prose qu'en vers. Cologne, L. du Marteau , 166 3, in-12.
Ces lettres sont signées : De M. On lésa attribuées faussement à M. de Montigny, l'académicien; mais elles figurent dans les Œuvres de Montreuil.