‹ Poésies de Madame Desbordes-Valmore (volume 2)Chapitre 3 sur 86 · GUIRLANDE DE ROSE MARIE · texte numérisé non relu

GUIRLANDE DE ROSE MARIE

£ souvienUil ^ ma sœuri du rempart solitaire Où nous cherchions , enfans^ de l'ombrage et des fleurs? Et de cette autre enfant qui passait sur la terre ^ Pour sourire à nos jeux , pour y charmer nos pleurs? Son dixième printemps la couronnait de roses : Marie était son nom ^ Rose y fut ajouté.

Pourquoi ces tendres fleurs y dans leur avril éclosçs ,

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Tombent-elles souvent sans atteindre l'été?

Tu sais^ ma sœur^ tu sais qu'elle était belle !

Tous les enfans cherchaient à l'embrasser.

Quand son regard venait nous caresser, Pour la voir plus lon^^-temps nous courions après elle; Avec des cris d'amour nous arrêtions ses pas; Sa fuite dans nos bras n'ay ait plus de passage; Elle disait : « Cessez ! J'aimerai la plus sage. » Et nous rompions sa chaîne y et nous parlions plus bas.

Bientôt elle eut douze ans: j'étais plus jeune encore,

Quand le malheur entra dans notre humble maison.

J'allai lui dire adieu : sa voix^ frêle et sonore^

Du haut du vieux rempart cria deux fois mon nom.

Elle avait dit : Déjà ! Sa surprise timide

A ce Déjà plaintif n'ajouta qu'un baiser.

Hélas ! elle pleurait^ sa joue était humide;

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Et je pleurai long- temps sans vouloir m'apaiser.

C'est que l'exil est triste^ il fait rêver Fenfance. Le jeune voyageur n'a d'ami que le ciel; U erre sans asyle^ il pleure sans défense^ Gomme un oiseau perdu loin du nid paternel ; Son ramage se change en plaintes douloureuses ^

Des oiseaux inconnus les cris le font frémir ;

Etméme^ en retournant sur des routes heureuses ^

S'il veut chanter^ long-temps il semble encor gémir.

A ses regrets en vain la patrie est rendue ^

L'orage a dispersé la couvée éperdue;

Ses frères sont partis; le nid vide est tombé ;

Eos'envolant^ peutrétre un d'eux a succombé.

Hais je reviens , je vole ^ et je cherche Marie ; Je cours à son jardin ^ j'en reconnais les fleurs; iien n'y parait changé. Cette belle chérie

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Gomme autrefois, saûs cloute ^ y shme leurs couleurs.

Je l'appelle^ j'attends... Sa chambre est entr'ouverte. . . .

Voilà sur son chapeau sa guirlande encor verte !

Joyeuse, je palpite et j'écoute un moment :

Sa mère sur le seuil arrive lentement.

Oh ! comme elle a vieilli ! Que deux ans l'ont courbée !

La vieillesse ; vois-tu^ traîne tant de regrets f

Elle relève enfin sa paupière absorbée^

Me regarde , et ne peut se rappeler mes traits.

« Où donc ; lui dis-je^ est Kose? où donc est votre fille?

A-t-elle aussi quitté sa maison^ sa famille? »

Elle s'est tue encore^ et^ se cachant les yeuic^

D'une main défaillante elle a montré les cieux.

A ses gémisspmens ma voix n'a pu répondre ;

Le jardin me parut en deuil ;

Je sentis mon ame se fondre^ Et mes genoux trembler eu repassant le seuil.

J'allais... je«demandai8... Ta sœur, presque étraDgère^ tlherchait seule un objet qu'on avait vu si beau : Hélas \ les pieds joyeux évitent la fougère

Qui croît à l'entour d'un tombeau.

Le mort et le malheur épouvantent la vue :

On passe en courant devant eux.

Que devient l'infortune à la fuite imprévue

D'un ami distrait ou honteux ?

Parmi tous les témoins de ma première aurore^ Le vieux rempart, les champs semblaient m'aimer eucorc, Le soleil d'autrefois brillait sur mon chemin ; Mais personne^ ma sœur, ne me pressa la main. Les jeux avaient cessé pour moi , pauvre et craintive ^ Et celle qui pleura de nos premiers adieux, Qui m'eût tendu les bras dans sa pitié naïve ,

Ne vint pas essuyer mes yeux !

J'ai trouvé dans un champ sa nouvelle demeure^

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Je l'ai nommée encore en tombant à genoux .

Oh ! ma sœur ! à douze aus se peut-tl que l'on meuie l Quoi ! moins que sa guirlande elle a vécu pour nous ! L'herbe seule avoilé cette vierge endormie;

Elle aimait les fleurs autrefois !

Toutesttristeau tombeau de notre jeune amie; Son chapelet d'ivoire en orne seul la croix.

Comme on nous vit l'attendre au seuil de sa chaumière ,

Pour l'entourer de notre amour, Ou verra , par mes soins, quelques fieuilles de lierre De son étroit asyle embrasser le c<

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