‹ Poésies de Madame Desbordes-Valmore (volume 2)Chapitre 62 sur 86 · A MON AMIE; ALBERTINS GANTIER · texte numérisé non relu

A MON AMIE; ALBERTINS GANTIER

L i$T deux Amitiés comme il e$i deux Amours

ÏTune ressemble à l'imprudence ;

*'aite pour l'â^e heureux dont elle a l'ignorance ,

Cest une enfant qui rit toujours.

Bruyante ^ naïve ^ légère ,

Elle éclate en transpoiits joyeux.

Auxprëjugéa du monde indocile^ étrangère ^i

iio POÉSIES

Elle confond les rangs et folâtre avec eux.

L'instinct du cœur est sa science ;

Et son guide est la confiance.

L'enfance ne sait point haïr ;

Elle ignore qu'on peut trahir.

Si Tennui dans ses yeux ( on l'éprouye à tout âge)

Fait rouler quelques pleurs, L'Amitié les arrête^ et couvre ce nuage

D'un nuage de fleurs.

On la voit s'élancer près de l'enfant qu'elle aime^ Caresser la douleur sans la comprendre encor, Lui jeter des bouquets moins rians qu'elle^-mème , L'obligera la fuite et reprendre Fessor.

/ Cest elle , 6 ma preofiière amie S >^

Dont la chaîne s'étend pour nous unir toujours. «'

Elle embellit par toi Tauroire de itta vie^ •/

Elle en doit emboliif encor les derniers jours, 'f

DIVERSES. an

Oh ! que son empire èdt aimable !

Qu'il répaiMi un charme ineflable

Sur la jeunesse et Farenir,

Ce doux reflet du souvenir !

Ce rêve pur de notre enfance

En a prolongé l'innocence^ l^'Amour , le temps ^ l'absence^ le malheur^ iinblent le respecter dans le fond de mon cœur, traverse avec nous la saison des orages , >inme un rayon du ciel qui nous guide et nous luit;

C'est^ ma chère , un Jour sans nuages

Qui prépare une douce nuit.

L'autre Amitié, plus grave, plus austère, î donoe avec lenteur, choisit avec mystère^ lie observe en silence et craint de s'avancer; lie écarte les fleurs, de peur de s'y blesser, hoisissant 1^ raison pour conseil et pour guide ,

îiiîi POJÉSIES;

Elle voit par ses yeux et m^trche sur, ses pas : Son abord est craintif , son .regard jest.tiaaâde; Elle attend ; et ne prévient pas.

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