‹ Poésies de MalherbeChapitre 32 sur 45 · V.iALi.sTE, en cet exil j'ai l'ame si gênée · texte numérisé non relu

V.iALi.sTE, en cet exil j'ai l'ame si gênée

Qu'au tourment que je souffre il n'est rien de pareil ;

Et ne saurois cuir ni raison ni conseil ,

Tant je sais dépité contre ma destinée.

J'ai beau voir commencer et finir la journée , Eii quelque part des cieux que luise le soleil ; Si le plaisir me fuit, aussi fait le sommeil. Et la douleur que j'ai n'est jamais terminée.

Toute la cour fait cas du séjour où je suis ,

Et , pour y prendre j:i;oùt , j e fais ce que je puis ;

Mais j'y deviens plus sec plus j'y vois de verdure.

En ce piteux état si j 'ai du reconfort , C'est , 6 rare beauté , que vous êtes si dure , Qu'autant près comme loin je n'attends que la mort.

à la même.

\j' EST fait , belle Caliste ,il n'y faut plus penser ; Il se faut affranchir des lois de \otre empire;

Lear rigueur me dégoûte , et fait que je soupire Que ce qui s'est passé n'est à recommeucer.

Plus en vous adorant je me pense avancer , Plus votre cruauté , qui toujours devient j)ire , Me défend d'arriver au bonheur où j'aspire , Comme si vous servir étoit vous offenser.

Adieu donc, ô beauté, des beautés la merveille .' Il faut qu'à l'avenir ma raison me conseille , Et dispose mon ame à se laisser guérir.

Vous m'étiez un trésor aussi cher que la vie : Mais puisque votre amour ne se peut acquérir. Comme j'en perds l'espoir j'en veux perdre l'envie.

.T roccasion de la goutte dont Henri le Grand fut attaqué au mois de janvier i6og.

\) u o I donc ! c'est un arrêt qui n'épargne personne , Que rien n'est ici-bas heureux parfaitement. Et qu'on ne peut au monde avoir contentement Qu'un funeste malheur aussitôt n'empoisonne .'

La santé de mon prince en la guerre étoit bonne , Il vivoit aux combats comme eu son élément ; Depuis que dans la paix il règne absolument , Tous Jes jours la douleur quelque atteinte lui donne!

Dieux , à qui nous devons ce miracle des rois Qui du bruit de sa gloire et de ses justes lois Invite à l'adorer^tous les veux delà terre.

ïSo LIVRE IV.

Puisque seul après vous il est notre soutien , Quelques malheureux fruits que produise la guerre, I\ 'ayons jamais J° paix, et qu'il se jM)rte bien !

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