‹ Poésies de MalherbeChapitre 33 sur 45 · A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

depuis roi Louis XIII.

i /tJE l'honneur de mon prince est clier aux destinées! Que le démon est grand qui lui sert de support ! Et que visiblement un favorable sort Tient ses prospérités l'une à l'autre enchaînées .'

Ses filles sont encore en leurs tendres années, Et déjà leurs appas ont un charme si fort , Que les rois les plus grands du ponant et du nord Brûlent d'impatience après leurs hyménées.

Pensez à vous, Dauphin; J'ai prédit en mes vers Que le plus grand orgueil de tout cet univers Quelque jour à vos pieds doit abaisser la tète.

Mais ne vous flattez, point de ces vaines douceurs: Si vous ne vous hâtez d'en faire la conquête. Vous en serez frustré par les yeux de vos sœurs.

SONNETS. iSi

Epitaphe de mademoiselle de Conti , morte douze ou quatorze jours après sa naissance.

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1. u vois , passant , la sépulture D'un chef-d'œuvre si précieux.

Qu'avoir mille rois pour aïeux Fut le moins de son aventure.

O quel affront à la nature, Kt quelle injustice des cieux, Qu'un moment ait fermé les yeux D'une si belle créature .'

On doute pour quelle rai«on Les destins si hors de saison De ce monde l'ont appelée ;

Mais leur prétexte le plus beau , C'est que la terre étoit brûlée S'ils n'eussent tué ce flambeau.

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