‹ Poésies de MalherbeChapitre 34 sur 45 · U ROI HENRI LE GRAND · texte numérisé non relu

U ROI HENRI LE GRAND

pour le premier ballet de monseigneur le dauphin , dansé au mois de janvier i6io.

,V o ICI de ton état la plus f;rande merveille , Ce fils oii ta vertu reluit si vivement ;

ïSa LIVRE IV.

Approche-toi, mou Prince , et vois le monvcment Qu'en ce jeune Daupliiu la musique réveille.

Qui témoigna jamais une si juste oreille A remarquer des tous le divers changement .'' Qui jamais à les suivre eut tant de jugement , Ou mesura ses pas d'une grâce pareille .''

Les esprits de la cour, s'attachant par les yeux A voir eu cet objet un chef-d'œuvre des cieux , Disent tous que la France est moins qu'il ne mérite :

Mais moi, que du futur Apollon avertit. Je dis que sa grandeur n'aura point de limite Et que tout l'univers lui sera trop petit.

A LA KEIIN E MARIE DE MÉDICIS

sur la mort de monseigneur le duc d'Orléans , son second fils.

v^ONS0LKz-vous, madame; appaisez votre j)laintf ; La France, à qui vos yeux tiennent lieu de soleil , Ke dormira jamais d'un paisible sommeil, Tant que sur votre front la douleur sera peinte.

Rendez-vous à vous-même, assurez votre crainte, lit de votre vertu recevez ce conseil , Que souffrir sans murmure est le seul appareil Qui peut guérir l'ennui dont vous êtes atteinte.

SONNETS. x85

Le ciel , en qui votre ame a borné ses amours , Etoit bien obligé de vons donner des jours Qui fussent sans orage et qui n'eussent point d'ombre;

Mais ayant de vos fils les grands cœurs découverts, N'a-t-il pas moins failli d'eu ôter up du nombre, Que d'en partager trois en un seul univers ?

Epitaphe du même duc d'Orléans .

l6ll,

i LUS Mars que Mars de la Tbrace , Mon père victorieux Ans rois les plus glorieux Ota la première place.

Ma mère, vient d'une race Si fertile en demi-dieux , Que son éclat radieux Toutes 1 umieres efface.

Je suis poudre toutefois.

Tant la Parque a fait ses lois Egales et nécessaires.

Ilieu ne m'en a su parer.

Apprenez , âmes vulgaires , A mourir sans murmurer.

i84 LIVRE IV.

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