Vis... sans jamais
Lors , m'esgarânt le sombre désespoir,
La voix me fault ; je vois tout , sanz riett Voir ;
Lors , d'ung poignard cuyde ma main armée 40
A-Uer vengeant mon espoulx et Tarmée..."
O vains transportz qui ne me rendrez pas
Ce qu'a trop tost meyssonné le trespas !
Puys, quand Toysel, vil courrier des ténèbres,
S'en va tapir soubz leurs mantes funèbres^ 4^
Las ! je t'implore eiï mes cruels ennuicts,
Voyle tardif des éternelles nuicts !
Pourquoy choyer l'importune lumière
Qui d'aultre moy plus n'enfreint la paulpiere, 5o
Et t'inonder d'interminables plours ,
O lict glacé , témoin de nos amours ?
Suz donc , veyez , rayne, ma seule amye ,
Mon seul espoir ! si ceste que n'a mye
Joye et solace , en ce monde à gouster, 55
Vos offres peult , sanz remords , accepter !
Moy qui , sept ans , de myrthe environnée ,
Ceincte de lors , de roses couronnée ,
Vys feulx d'amour, sans oncques s'attiédir,
De mon hymen la tige reverdir, ^o
Chasque soleil ; qui , sans fard , tousjours belle ,
N'avoy soulcy qu'estre tousjours fidèle...
i68 '^otiiti
Vers 63 et à qui aurois-tu été fidèle ! (Voici encore «{uatre vers
qui retardent la marche de cette pièce : on pourroit passer de suite au yers 66 : Rayne , ah! pardonne. . . .)