‹ Poesies de Marguerite-Eleonore ClotildeChapitre 158 sur 174 · Vis... sans jamais · texte numérisé non relu

Vis... sans jamais

Lors , m'esgarânt le sombre désespoir,

La voix me fault ; je vois tout , sanz riett Voir ;

Lors , d'ung poignard cuyde ma main armée 40

A-Uer vengeant mon espoulx et Tarmée..."

O vains transportz qui ne me rendrez pas

Ce qu'a trop tost meyssonné le trespas !

Puys, quand Toysel, vil courrier des ténèbres,

S'en va tapir soubz leurs mantes funèbres^ 4^

Las ! je t'implore eiï mes cruels ennuicts,

Voyle tardif des éternelles nuicts !

Pourquoy choyer l'importune lumière

Qui d'aultre moy plus n'enfreint la paulpiere, 5o

Et t'inonder d'interminables plours ,

O lict glacé , témoin de nos amours ?

Suz donc , veyez , rayne, ma seule amye ,

Mon seul espoir ! si ceste que n'a mye

Joye et solace , en ce monde à gouster, 55

Vos offres peult , sanz remords , accepter !

Moy qui , sept ans , de myrthe environnée ,

Ceincte de lors , de roses couronnée ,

Vys feulx d'amour, sans oncques s'attiédir,

De mon hymen la tige reverdir, ^o

Chasque soleil ; qui , sans fard , tousjours belle ,

N'avoy soulcy qu'estre tousjours fidèle...

i68 '^otiiti

Vers 63 et à qui aurois-tu été fidèle ! (Voici encore «{uatre vers

qui retardent la marche de cette pièce : on pourroit passer de suite au yers 66 : Rayne , ah! pardonne. . . .)

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