‹ Poesies de Marguerite-Eleonore ClotildeChapitre 62 sur 174 · Alors je te vois · texte numérisé non relu

Alors je te vois

2t maintes fois , durant ces longues nuicts , Du sombre Arcas, quand oy bruyr les tempestes, Du que d'Oryon tombent les froids torrents, Que toicts, battus de cent coulps différents, Semblent aller s'escroulant sur nos testes : *

« Où porte-t-il , me dis , ses pas errants ?

« Ne se pourroist que seul et sans vesture , « A travers champs, à la mercy des loups, « Cerné d'iceuls en soict fors la pasture, « Ou que , jouet d'ung sort non moins jaloux, « Comme eulx en vain quierre sa nourriture? » Xntour du feu , mesme au soir , que parlons De voyagiers esgarez loing des routes , Au fond des bois, dans le creulx des vallons, Ou s' abritant soubz les obscures voultes De vieulx chastels ouvertz aux aquilons , S'oyons un cry tout-à-coup dans la plaine, Ung bruict confus, tant soict au loing cela.

Soudain le sang tout se fige en ma veyne ; Retiens mon souffle , et ne reprends haleine Que pour me dire : « O ciell s'il estoit là! o Plus doulx pensers viegnent, en la nuict sombre, Se meslanger à mon trop court sommeil ; Lors bien te voy : mais ung affreux réveil De mon bonheur chasse encor la vaine ombre.

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Vers 65 et 66. Aussi je n'attends pas que les rajrons tremblans du soleil réjouissent ma couche. ( L'épithète rare donnée au soleil est hardie, mais elle me semble heureuse. )

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