‹ Poesies de Millevoye Avec une noticeChapitre 25 sur 118 · COMBAT D’HOMÈRE ET D’HÉSIODE · texte numérisé non relu

COMBAT D’HOMÈRE ET D’HÉSIODE

C’était dans la Chalcide. A ses festins funèbres Ganictor, appelant tous les chantres célèbres,

Pleurait Amphidamas ; et des jeux solennels Achevaient d'apaiser les mânes paternels.

Trois fois la nuit sacrée a fait place à l’aurore ,

Et le cirque poudreux vient de s’ouvrir encore.

Les lutteurs sont armés de leurs ccstes pesants ; L’huile coule à flots d'or sur leurs membres luisants , Cependant que , jaloux d’un glorieux salaire ,

Les chars ont déployé leur course circulaire.

Mais les derniers rayons du troisième soleil Vont d’un combat plus noble éclairer l'appareil : Nouveaux Automédons ! d’une main empressée Sur les essieux brûlants jetez l’onde glacée ;

Vers la crèche abondante emmenez les coursiers,

Et séchez vos sueurs aux flammes des foyers.

Que de ses longs efforts l'athlète enfin respire.

El vous, peuple ! écoutez : les maîtres de la lyre , Hésiode encor jeune , Homère déjà v ieux ,

Se disputent le prix des chants harmonieux.

ÉLÉGIES

Du laurier d’Hippocrènc une branche sacrée S'agite dans la main du poète d’Ascrée ;

En ces mots il commence , et ses nobles chansons De la lyre jamais □ 'empruntèrent les sons.

HÉSIODE

« Sur le mont des neuf Sœurs je portais la houlette , Elles vinrent un jour, au milieu des troupeaux , Saluer le pasteur du doux nom de pot' te ;

Je visitai leur temple et portai leurs bandeaux.

HOMÈRE

» Une nuit, je rêvai que l’oiseau du tonnerre ,

Vers les bords du Mêlés se jouant avec moi , M’emportait aux confins des cieux et de la terre ,

Et me disait : « La terre et les cieux sont à toi. » HÉSIODE.

» Filles de Mnémosyne , augustes immortelles,

O Muses ! vous serez mes dernières amours.

Heureuse est la demeure où reposent vos ailes !

La palme et l'olivier l’ombrageront toujours.

HOMÈRE

» Honneur au roi des dieux ! Autant le haut Gargarc Surpasse les rochers enfoncés dans la mer ;

Autant l'Olympe altier surmonte le Tartare ; Autant parmi les dieux domine Jupiter.

HÉSIODE

» Les Muses, vers le soir, entrelaçant leur danse,’ Couronnent l'Hélicon de leur groupe joyeux ;

Ou, montant vers l’Olympe, elles vont en cadence Savourer le nectar dans la coupe des dieux.

HOMÈRE

n Jupiter ne meurt point; le sang de l'hécatombe Jamais ne rougira le marbre de sa tombe;

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