COMBAT D’HOMÈRE ET D’HÉSIODE
C’était dans la Chalcide. A ses festins funèbres Ganictor, appelant tous les chantres célèbres,
Pleurait Amphidamas ; et des jeux solennels Achevaient d'apaiser les mânes paternels.
Trois fois la nuit sacrée a fait place à l’aurore ,
Et le cirque poudreux vient de s’ouvrir encore.
Les lutteurs sont armés de leurs ccstes pesants ; L’huile coule à flots d'or sur leurs membres luisants , Cependant que , jaloux d’un glorieux salaire ,
Les chars ont déployé leur course circulaire.
Mais les derniers rayons du troisième soleil Vont d’un combat plus noble éclairer l'appareil : Nouveaux Automédons ! d’une main empressée Sur les essieux brûlants jetez l’onde glacée ;
Vers la crèche abondante emmenez les coursiers,
Et séchez vos sueurs aux flammes des foyers.
Que de ses longs efforts l'athlète enfin respire.
El vous, peuple ! écoutez : les maîtres de la lyre , Hésiode encor jeune , Homère déjà v ieux ,
Se disputent le prix des chants harmonieux.
ÉLÉGIES
Du laurier d’Hippocrènc une branche sacrée S'agite dans la main du poète d’Ascrée ;
En ces mots il commence , et ses nobles chansons De la lyre jamais □ 'empruntèrent les sons.
HÉSIODE
« Sur le mont des neuf Sœurs je portais la houlette , Elles vinrent un jour, au milieu des troupeaux , Saluer le pasteur du doux nom de pot' te ;
Je visitai leur temple et portai leurs bandeaux.
HOMÈRE
» Une nuit, je rêvai que l’oiseau du tonnerre ,
Vers les bords du Mêlés se jouant avec moi , M’emportait aux confins des cieux et de la terre ,
Et me disait : « La terre et les cieux sont à toi. » HÉSIODE.
» Filles de Mnémosyne , augustes immortelles,
O Muses ! vous serez mes dernières amours.
Heureuse est la demeure où reposent vos ailes !
La palme et l'olivier l’ombrageront toujours.
HOMÈRE
» Honneur au roi des dieux ! Autant le haut Gargarc Surpasse les rochers enfoncés dans la mer ;
Autant l'Olympe altier surmonte le Tartare ; Autant parmi les dieux domine Jupiter.
HÉSIODE
» Les Muses, vers le soir, entrelaçant leur danse,’ Couronnent l'Hélicon de leur groupe joyeux ;
Ou, montant vers l’Olympe, elles vont en cadence Savourer le nectar dans la coupe des dieux.
HOMÈRE
n Jupiter ne meurt point; le sang de l'hécatombe Jamais ne rougira le marbre de sa tombe;