LIVRE SECOND
Sur sa tombe jamais les coursiers indomptés N’iront briser les chars dans la lice emportés.
IIESIODF.
» Et nous, mortels promis à l’empire des ombres, Nous verrons avant peu le nocher des enfers.
Et les dormantes eaux du fleuve aux rives sombres , Qui seul de son tribut n'enrichit point les mers.
HOMÈRE
» Au terme inévitable à grands pas je m'avance : Des travaux et des jours * lu chantas l’ordonnance Pour moi , faible vieillard que le temps a glacé, Les travaux sont finis et les jours ont cessé.
HÉSIODE
» Fils du Mêlés! ta voix, prodige d’harmonie ,
Est celle du vieux cygne aux sons mélodieux ; L’Olympe esl ton domaine , et ton puissant génie Pénètre librement dans le conseil des dieux.
Et toutefois, des maux épuisant l’urne amère , Mendiant repoussé de palais en palais,
Tu maudiras la vie et le jour où la mère Reçut l’embrassement de l’amoureux Mêlés.
HOMÈRE
» Pontife d’IIélieon ! tes vers sont l’ambroisie Que la charmante Hébé verse aux banquets du ciel Aux rives d’Olmius, la docte Poésie A laissé sur ta bouche un rayon de son miel.
Redoute cependant les fêtes d’Ariaqe;
Crains l’amour, crains l’Eubéc et scs flots ennemis ! Ta dernière heure est proche : invoqué par Diane , Jupiter Néméen aux Parques t’a promis, a
* Les Travaux el les Jours, porme d'HtttioJc.
ÉLÉGIES
Ils ressaient; mais la foule autour d’eux réunie Se plut à prolonger ee combat d’harmonie.
Homère alors chanta, d’une sublime voix ,
Les peuples immolés aux querelles des rois ,
La Discorde attelant les coursiers de la guerre, i.’Injure aux pieds d’airain foulant au loin la terre ,
Et la Grèce, d’Achille embrassant les genoux.
Hésiode redit sur un mode plus doux
Le gai Printemps séchant les larmes des Ilyades ;
Les sept filles d’Atlas , les timides Pléiades ,
Sur le front du Taureau s’élevant dans les airs;
Le Soleil en vainqueur parcourant l’univers ,
Et les Mois , les Saisons , dans leur marche ordonnée , Suivant à pas égaux la route de l’année.
11 rappelait à l’homme instruit par ses leçons
Les jours chéris des dieux , les soins dus aux moissons ,
Le prix du temps , les fruits de l’austère sagesse ,
Et les dons renaissants de la Bonne Déesse.
Ganictor, né timide , et dans la paix nourri ,
Aux belliqueux accords n’était point aguerri ;
Il décerna la palme aux hymnes pacifiques : .
Une noire brebis , deux trépieds magnifiques ,
Du prêtre d’Apollon payèrent les talents.
Homère , un vain laurier ceignit tes cheveux blancs !. .. Le vainqueur, aux regards de la foule assemblée ,
Du sang de la brebis dans le cirque immolée Apaise avant le temps la Junon des enfers;
Et les riches trépieds aux Muses sont offerts.
Le vieillard se dérobe aux louanges stériles.
Un enfant de Samos guide scs pas débiles ;
Et tous deux, sans regrets quittant ces bords ingrats, Vont chercher des amis, qu’ils ne trouveront pas.