LIVRE PREMIER
Parcourait une fois encore Le bois cher à ses premiers ans :
« Bois que j’aime, adieu.... je succombe.
Ton deuil m’avertit de mon sort,
Et dans chaque feuille qui tombe Je vois un présage de mort.
Fatal oracle d’Ëpidaure,
Tu m'as dit : « Les feuilles des bois s A tes yeux jauniront encore;
» Et c’est pour la dernière fois.
» La nuit du trépas t’environne;
» Plus pâle qu’une (leur d’automne,
» Tu t’inclines vers le tombeau.
» Ta jeunesse sera flétrie » Avant l’herbe de la prairie ,
» Avant le pampre du coteau. »
Et je meurs ! De la vie à peine J’avais compté quelques instants ,
Et j’ai vu comme une ombre vainc S’évanouir mon beau printemps.
Tombe, tombe, feuille éphémère !
Et, couvrant ce triste chemin,
Cache au désespoir de ma mère La place où je serai demain.
Mais si mon amante voilée Aux détours de la sombre allée Venait pleurer quand le jour fuit,
Eveille par un faible bruit Mon ombre un instant consolée. »
Il dit, s’éloigne, et sans retour....
Sa dernière heure fut prochaine :
Vers la fin du troisième jour,
2« ÉLÉGIES
On l'inhuma sous le vieux chêne.
Sa mère ( peu <lc temps , hélas ! ) Visita la pierre isolée;
Mais son amante ne vint pas ;
Et le pâtre de la vallée Troubla seul du bruit de ses pas Le silence du mausolée.