LE DEGUISEMENT
L'airain neuf fois a frappé l'heure :
Loin d'une indiscrète demeure , Échappons-nous, seuls et sans bruit; Usant d'une innocente adresse, Prends les voiles de la vieillesse Pour tromper l'œil qui nous poursuit :
Telle on voit une main fidèle Couvrir du chaume protecteur La timide et pâle fraîcheur De la tige aimable et nouvelle.
Défends à ces cheveux flottants De trahir nos métamorphoses , Et que l'hiver dise au printemps De cacher ses lis et ses roses.
Retiens le tendre empressement De ton pas qui se précipite.