‹ Poésies de MillevoyeChapitre 40 sur 119 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Je veux, en votre honneur, y dresser des autels. »

Elle cède.... O surprise! ô piège inévitable!

Typhis est Apollon : de son front radieux

La splendeur éblouit la Néréide aimable ,

Et le cri virginal retentit jusqu'aux cieux.

Doris l'entend; Doris, par sa fille implorée,

Assiste, mais trop tard, la pudeur éplorée.

Le dieu cherche la Nymphe; il ne voit qu'une fleur,

Fleur triste, et des regrets infortuné symbole.

Il décore du moins de sa vive couleur

L'épouse d'un moment que sa pitié console,

Et le nom de souci rappelle sa douleur.

N'éclairant qu'à demi les célestes campagnes ,

A la terre, trois jours, il voila ses rayons;

Et, trois jours, de Caltha les plaintives compagnes

Mêlèrent leurs soupirs aux voix des Alcyons.

Quittez pour l'Océan la source Aganippide, Muses! pleurez Caltha, la blanche Néréide.

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