A M. P. DE LIMAYRAC
Je montais, je montais; un guide m’accompagne, Choisit les durs sentiers, et m’y dirige exprès;
Car je veux, Iung-Frau , toucher tes pieds de près 1 Le soleil est ardent , d’aplomb sur la montagne.
Mon front nage , mon pas est lourd ; au plus je gagne Une moitié du mont. Mais les flancs plus secrets S’y découvrent soudain en pâturages frais , Ménageant un vallon comme en douce campagne.
Ainsi, grand Dieu, tu fais, quand tu nous vois lassés. Dans la vie , au milieu , quand nous disons: Assez! Un vallon s’aperçoit, et tu nous renouvelles.
Si l’on monte toujours, à peine on s’en ressent;
Et l’homme réparé reprend, obéissant,
Plus haut, vers les clartés des neiges éternelles!
Wengern-Alp.
■Vtr-eir
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( Apres avoir suivi son cours de poésie latine. )
Quand Catulle par toi nous exprime Ariane,
La querelle des chœurs d’Hymen et de Diane , Du délirant Atys le sexe ensanglanté ,
Ou Lesbie et lui-même en ses feux raconté ,
Sa joie et sa ruine , et, tout après l’injure,
La plainte si pieuse et la flamme encor pure; Quand , par tout son détail , en tes Anes leçons Nous suivons le poète , et que nous saisissons Tant de génie inclus sous une forme brève Et tant d’efforts certains d’où Virgile relève, Quelquefois , au milieu du discours commencé , Un auditeur de plus, un vieillard tout cassé,
Qui revient par fatigue, à ce bout de carrière,
Se bercer aux échos de la muse première ,
Un vieillard, du bâton aidant son pas tardif, Descend et prend sa place à ce banc attentif;
Et nioi , du goût par toi méditant le mystère ,
Je songe: Ce vieillard, supposons, c’est Voltaire 1 C’est lui 1 ( car bien souvent dans mon rêve jaloux