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18 HISTOIRE DE LA GUERRE i)E TRENTE ANS.
ne leur épargnait pas les condamnations; mais elle était presque toujours hors d'état de faire exécuter ses arrêts.
La clause du traité qui accordait à tous les membres des assemblées des états la liberté de conscience, n'avait pas entièrement oublié les vassaux, puisqu'il leur était permis de quitter le pays où leur religion était op« primée. Cette clause cependant ne leur accordait qu'un droit illusoire : car elle ne pouvait les garantir contre les vexations sans nombre que les autorités locales trouvent toujours le moyen de faire peser sur les citoyens qu'on sait être peu agréables au gouvernement. Pour échapper à ces vexations, il ne leur restait d'autre ressource que celle d'émigrer; résolution toujours difflcile et pénible à prendre , et que la ruse, lorsqu'elle est soutenue par le pouvoir, peut entourer de tant d'inconvénients et de dangers, qu'il devient presque impossible de la réaliser.
Les sujets catholiques des princes protestants, et les sujets protestants des princes catholiques, se plaignaient hautement et à juste titre de ce qu'on les povait, sans pitié, du peu de liberté de conscience que la paix d'Àug- «bourg leur avait accordé. Et cornme si ce n'avait pas été assez de tant d'éléments de discorde, l'esprit irascible et querelleur des théologiens profitait des événements les plus simples pour exciter les passions des masses. Souvent même ils ne se bornaient pas à poursuivre leurs adversaires, ils faisaient naître encore des haines et des divisions entre les enfants de la même Église.
Si les luthériens avaient pu rester unis entre eux, les forces des deux partis religieux se seraient balancées, et la paix aurait eu quelques chances de durée, malgré les principes vicieux de ses bases. Mais les doctrines préchées à Zurich par Zwingle, et à Genève par Calvin^ ne tardèrent pas à se répandre en Allemagne, ou elles causèrent tant de dissidences que bientôt les protestants ne