‹ Poésies de SchillerChapitre 136 sur 258 · LIVRE PRKMfER · texte numérisé non relu

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catholiques d'avoir concerto entre eux un nouveau plan d'attaque, dont le but ne pouvait être que la ruine totale des libertés religieuses de l'Alleniagne.

Quand le droit du plus fort domine tous les autres droits, quand la sécurité de chacun dépend de sa force, le parti le plus faible doit nécessairement être le phis empressé à se mettre sur la défensive. Selon toutes les conjectures fondées sur la raison, les catholiques, si en eflet ils formaient de nouveaux projets hostiles, contre les protestants, devaient chercher à les réaliser d'abord dans les provinces méridionales. Dans ces provinces, la réformation n'avait encore que des possessions isolées, tandis que l'Allemagne du Nord offrait une suite "'non interrompue d'États protestants qui, au premier signal, pouvaient se réunir .et ^se prêter un mutuel appui. 11 était également présumable que le parti catholique dirigerait ses premières attaques contre les calvinistes, cette fraction de la réformalion si faible par elle-mêne , et plus encore par sa position exceptionnelle, qui ne lui permettait pas d'invoquer en sa faveur le traité d'Augsbourg.

Cette dernière prévision ne tarda pas à se réaliser dans i'électorat du Palatinat , dont la tranquillité était menacée depuis longtemps par le voisinage dangereux de l'électeur de Bavière. Aucun pays de l'Allemagne de cette époque n'avait aussi souvent changé de religion que le Palatinat. Malheureux jouet de la versatilité politique et religieuse de ses souverains , il avait été forcé d'embrasser deux fois, dans l'espace de soixante ans, les doctrines de Luther, et de les abandonner deux fois pour celles de Calvin.

L'électeur Frédéric III avait le premier déserté U confession d'Augsbourg ; mais son (ils, Télectçur Louis, la rétablit dans ses États par les moyens les plus vio* lents et lès plus injustes. Après avoir (ait fermer tous

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les temples calvinistes, et exiler tous les ministres et maîtres d*école qui enseignaient ce culle, il lui donna une dernière preuve d'aversion par une clause de son testament , qui défendait expressément de confier la tutelle de son jeune fils à tout autre qu'à des luthériens orthodoxes. Mais le comte palatin Jean Casimir, frère du défunt électeur, fit casser ce testament; et, . s'appuyant sur la Bulle d*or, qui lui accordait la tutelle de son neveu et la régence du pays pendant sa minorité, il se mit de vive force en possession de ces droits. Comme résultat naturel de oe triomphe, l'éducation du prince Frédéric IV^ alors âgé de neuf ans, fut confiée à des instituteurs calvinistes , qui reçurent l'ordre d'arracher de Tesprit de leur auguste élève les hérétiques doctrines de Luther j par tous les moyens possibles, sans en excepter les coups de bâton. Il est facile de deviner à quelle extrémité cruelle on se porta envers les sujets, puisqu^on ne craignait pas d'exposer le futur souverain à un aussi indigne traitement.

Sous le règne de ce même Frédéric IV, la cour du Palatinat fit de grands efforts pour réunir tous les membres protestants de la dièt« contre la maison d'Autriche, conduite qui lui était dictée par les conseils de la France, adversaire naturel de cette maison, et par le besoin de s'assurer la protection si douteuse des luthériens contre les vexations toujours croissantes des catholiques, auxquelles le Palatinat était en butte. Ce rapprochement ^tait d'autant plus difficile à obtenir, que les luthériens haïssaient les calvinistes presque autant que les catholiques. Aussi Frédéric IV chercha-t-il en vain à rétablir rharmonie des croyances religieuses, dans l'espérance de faciliter les alliances politiques; cette tentative ne servit qu'à fortifier les divers partis dans la conviction que chacun d'eux était, seul, dans là bonne voie. Forcés d'avoir recours à d'autres moyens , les calvinistes exci-

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